« Si je devais qualifier l’amour en un mot, je le nommerais PARTAGE »

Nous sommes le 14 février 2018.

Oui c’est la Saint Valentin.

Oui c’est une fête kitchissime.

Oui je vais te parler d’amour.

Non je n’ai pas besoin que tu me crées un compte Tinder !

Mais oui tu peux prendre un petit paquet de mouchoirs (au cas où …).

 

Cette histoire d’amour, c’est la mienne. Et, comme beaucoup d’histoire d’amour, elle a commencé par une trahison (souviens toi de ça!!!).

 

Jour 1. La découverte de l’amour.

Je voulais devenir avocat.

Pourquoi ?

Je ne sais pas…

Ce que je sais … c’est qu’un jour, j’ai pris conscience que j’avais la chance d’avoir une voix … et j’ai eu envie de la mettre au profit de ceux qui n’en ont pas. Devenir avocat, semblait pouvoir me permettre de « faire ça ».

Cette histoire d’amour était vraiment belle. Cette profession semblait me correspondre, et je semblais moi aussi lui être destinée. Elle promettait des jours heureux, était rassurante et me permettait de me projeter. L’histoire de ma vie était toute tracée : à 23 ans, je devais simplement m’engager dans les liens sacrés du serment d’avocat et jurer d’y rester fidèle « jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Ma famille, mes amis et tous ceux qui m’avaient permis d’accéder à ce nouveau « rêve » seraient venus me voir défiler en robe. Le soir, on aurait fait une belle fête pour laquelle je me serais évidemment endettée pour ne pas que mes invités aient à subir un buffet froid avec tapas, guacamole et avocats. On aurait dansé. On aurait chanté. J’aurais été la star de la soirée et, plus au sud du globe, à des milliers de kilomètres de Paris, j’aurais fait la fierté des miens, qui auraient accroché dans le salon de la maison familiale, une photo de moi, parée de ma belle robe noire à 1.500 euros. L’histoire était belle. Peut-être trop. Alors, quelques heures avant de m’engager, j’ai, comme beaucoup de fiancés, décidé de m’offrir une autre vie … et je suis partie.

 

Jour 2. La trahison.

Comme c’est souvent le cas en matière d’amour, on prétend partir « pour soi » … en sachant pertinemment qu’on part finalement « pour quelqu’un ». Je n’ai pas dérogé à la règle.

Je disais être partie « pour moi » … mais au fond de moi, je savais que j’avais trouvé « quelqu’un ».

Ce quelqu’un, je l’avais rencontré deux ans plus tôt.

Car ma vie de prof, c’est avant tout l’histoire d’un premier rendez-vous, d’une rencontre et d’un coup de foudre. Elle empreinte en tout cas les mêmes traits que n’importe quelle histoire d’amour.

Comme dans une vraie histoire, j’ai vécu le stress du premier rendez-vous et toutes les interrogations qui y sont attachées ! Je n’apprendrai à personne toutes les choses ridicules qu’on peut faire avant un premier rencard et toutes les questions sans intérêt qu’on érige au rang de problèmes existentiels !!! Jupe ou pantalon ? Escarpins ou chaussures plates ? Vernis rouge ou vernis nude ? Cheveux attachés ou détachés ?!!! Autant de cas de conscience que j’ai eu à résoudre, partagée entre excitation et « remise en question » (car oui, avant un premier rendez-vous, nous les femmes, on remet souvent le monde, en tout cas le nôtre, en question …).

Comme dans une vraie histoire, j’ai répété 1.000 fois devant mon miroir, le scénario du rencard. La manière dont j’arriverai dans la salle alors que tout le monde serait assis, la manière dont je marcherai jusqu’à mon bureau et la manière avec laquelle je prendrai la parole pour me présenter à la classe.

Comme dans une vraie histoire, j’ai harcelé ma meilleure amie de centaines de messages et de questions qui ne permettaient pas de fin à cette discussion car toute réponse apportée déclenchait des dizaines de questions en rafale (car oui, la plupart des filles sont touchées du même symptôme : aimer discuter, rediscuter, re-re-discuter du même problème, en le prenant dans tous les sens … sans vouloir le solutionner ! Car trouver une solution empêcherait de pouvoir discuter, rediscuter et re-re-discuter du problème).

BREF 30 tenues essayées, 1.000 textos envoyés et 4 nuits blanches plus tard, l’heure du premier rendez-vous avait sonnée.

Mardi 11 octobre 2011, 14 heures, Université d’Evry, salle 201.  

Pas de panique ! Je ne compte pas vous chanter une histoire à l’eau de rose trop longue donc je ne m’étalerai évidemment pas sur des détails qui n’intéresseraient que moi mais je me souviens que ce jour là, à l’instant où j’ai pris la parole, j’ai su !!! (et là normalement je suis censée vous énerver au moins autant que votre meilleure amie qui, à chaque fois qu’elle rencontre un mec vous dit JE SAIS ! C’EST LE BON !!! J’AI JAMAIS RESSENTI CE QUE LUI IL ME FAIT RESSENTIR… #navrance).

Sauf que c’est vrai. Jamais je n’oublierai cette rencontre. J’ai fait mon cours d’éthique à ces élèves infirmiers, plein de papillons dans le ventre et d’étoiles dans les yeux … et J’AI SU!!! J’ai su que j’avais trouvé l’amour et qu’à partir de ce jour, rien ne serait plus pareil. Je suis rentrée chez moi avec la certitude que mon terrain de jeu à moi (aussi appelé le « tèr-tèr »), c’était les salles de classe.

EH !!! REVEILLE TOI !!! Si là t’es attendri par ce que je te raconte en te disant « ohhh c’est trop mignon d’avoir une révélation comme ça » : TU FAIS FAUSSE ROUTE !!! Je te rappelle que là on est à « N-2 » et donc qu’à l’instant où j’ai ce « coup de foudre », je suis déjà « fiancée », car m’apprête à obtenir mon diplôme d’avocat dans les mois qui suivent !!! J’étais donc en train de trahir mon propre parcours professionnel (en tout cas c’est ce que je me disais à l’époque). Mais, puisque je ne voulais pas en quitter un plus que l’autre, j’ai décidé (encore une fois comme beaucoup d’hommes l’auraient fait ! J’ai dit homme ?! Pardon … je voulais évidemment dire « gens »!) ; j’ai décidé de ne quitter personne et de cumuler les deux. Je continuerai mon école, mais je serai aussi prof.

C’est ainsi que pendant deux ans, j’ai multiplié les TD, séminaires, cours collectifs, formations et cours particuliers en tout genre … Je réalisais que je commençais à aimer ma maitresse davantage que ma femme .. je vivais ça comme une infidélité … mais pour être honnête ça ne m’empêchait pas de dormir car chacune m’apportait quelque chose que l’autre n’avait pas (ne vous avais-je pas dit que mon histoire d’amour était comme une vraie histoire d’amour !!!). Mais les choses ne pouvaient pas rester comme telles indéfiniment. Alors, lorsque je me suis retrouvée devant ce fameux autel ; à devoir me marier, si jeune, avec l’avocature, je lui ai dit qu’il était trop tôt pour qu’elle m’enferme … qu’on se marierait, un jour … mais pas aujourd’hui.

Voilà comment, en octobre 2013, j’ai fait le choix de me lier à ma maitresse, certaine qu’elle m’accompagnerait toute ma vie, mais incapable de lui promettre à elle non plus qu’elle deviendrait ma femme, seule, unique et exclusive …

Alors, si je devais qualifier l’amour en un mot, je le nommerais « partage ».


Et toi ?! Si tu devais qualifier l’amour en un mot … ça serait quoi ?!

 

Partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *