Jour 131

Attention : la lecture des éléments de retranscription du procès des attentats du 13 novembre 2015 s’adresse à un public averti. Certains des propos rapportés sont susceptibles, par leur contenu ou leur nature, de heurter la sensibilité des lecteurs, et notamment des plus jeunes. Par ailleurs, toute reproduction du contenu, même partielle, sans l’autorisation expresse de l’auteur expose le contrefacteur à des poursuites.

 

EXTRAITS

MERCREDI 1ER JUIN 2022

 

12H50 : j’arrive dans la salle (très) en retard. La sonnerie retentit pile à ce moment-là !

 

14H32 : la sonnerie retentit. La cour entre.

EXTRAITS / Le président : « à l’issue des sommations, on a encore neuf détenus qui refusent de comparaître. (…) Petite précision sur ce mouvement qui est lié au fait que l’un des détenus doit avoir un suivi médical par rapport à une intervention qu’il a eu il y a quelques temps et il s’impatiente par rapport à la date à laquelle ce suivi médical doit avoir lieu. (…) Je ne vais pas rentrer dans les détails car c’est couvert par le secret médical. Depuis ce matin je suis sur le sujet pour que le rendez-vous puisse être pris au plus tôt ».

 

Les plaidoiries des parties civiles s’ouvrent. Les plaidoiries collectives sont terminées. A partir d’aujourd’hui et pendant quatre jours, il s’agira des plaidoiries individuelles des avocats de parties civiles.


 

EXTRAITS / Maître Riberolles :  « Neuf mois de procès. Une salle d’audience comme nous n’en avions jamais vu. (…) Des écrans partout. Une régie mais pas de spectacle ; des masques à n’en plus finir, qui ne tombent jamais. Des accusés qu’on a du mal à distinguer, qui cumulent plus d’un demi-siècle de prison avant même d’avoir été jugés. (…) Des débats que l’on a envie de critiquer mais une autorité présidentielle qui dissuade de se rebeller. Des enquêteurs hypermnésiques ou amnésiques, un commissaire héroïque ; une colocataire qui au péril de sa vie a dénoncé deux terroristes (…). Un mois d’octobre qui restera gravé dans les mémoires et dans la pierre plusieurs fois centenaires de la cour d’appel de Paris. (…)

Anne-Laure n’est pas venue à la barre de la cour d’assises témoigner de son 13 novembre. (…) Anne-Laure ne dira plus rien à personne ; jamais. Anne-Laure a été assassinée le 13 novembre 2015 sur la terrasse de La Belle Equipe. Elle partageait un verre avec Cécile, une amie, elle aussi assassinnée. (…) ».

 

13H01


 

EXTRAITS / Maître de Montbrial : « (…) nous avons un vrai paradoxe dans notre pays : l’islamisme est combattu par les pouvoirs publics et pour autant, c’est une idéologie qui a toujours pignon sur rue et avec laquelle s’allient un certain nombre de partis politiques.

(…) On ne peut pas juger un crime complexe sans comprendre que la part de chacun s’inscrit dans un tout. (…) Sans les uns, les autres n’auraient pas pu agir. C’est ce que la juge Panou a appelé « le dossier dans sa globalité ». Vous ne pourrez pas dissocier la responsabilité individuelle de l’ensemble des actes qui ont été commis. (…) 

(…) Ma fierté c’est d’avoir fait partie de ce procès, sous votre direction monsieur le président. Ce procès est la fierté et l’honneur de la République française et en particulier de son institution judiciaire ».

 

13H32


 

EXTRAITS / Maître Chirac Kollarik :  « (…) Je m’appelle David P. et je n’ai pas eu le temps de souffler mes 42 bougies. (…) J’ai presque l’air endormi mais je suis déjà parti.

David, nous ne nous connaissons pas mais Claire votre compagne, vos enfants, votre famille, ont souhaité que je sois pour quelques minutes votre voix et la leur devant cette cour.

(…) C’est une vie qui a été arrachée en une fraction de secondes ; celle d’un homme qui n’a eu de cesse de vouloir comprendre. David c’était un libre-penseur, c’était un féministe ; c’était celui qui était prêt à rester un homme au foyer parce qu’il était fou de ses gosses. Il avait la culture du rejet des dogmes. David était devenu professeur des écoles, deux ans avant le drame ».

 

13H40


 

EXTRAITS / Maître Thevenet :  « le 13 novembre 2015, Suzon et Paul se trouvaient dans le fosse du Bataclan. (…) Paul a vu sa sœur s’écrouler ; elle venait d’être touchée à la tête. Paul parvint miraculeusement à s’enfuir. (…) Paul est traumatisé. (…) Suzon était décrite comme le pilier de cette famille recomposée. Suzon était douce avec tous, fusionnelle avec son père. Son père ne s’est jamais remis de ces attentats.

(…) Pour beaucoup de victimes, la douleur ne disparaîtra jamais. Tout ce qui compte, c’est la famille, c’est les proches, c’est les vivants. Alors mes derniers mots sont pour eux : ceux qui par leur amour, leur compassion, permettent à d’autres de continuer. Ce sont eux les guerriers, ce sont eux les vrais héros ».

 

13H49


 

EXTRAITS / Maître Fourrier :  «  toutes les victimes ont leur place ; c’est pas surabondant de vouloir le redire mais c’est peut-être les dernières fois où l’on peut parler des victimes. (…) Madame Boissinot voulait absolument rencontrer Salah Abdeslam. Ça n’a pas été possible. Elle voulait comprendre le ressort de cet accusé ; elle voulait lui dire avec ses mots que c’est un homme de la terreur ; qu’il n’y avait pas d’honneur, que c’était une immense lâcheté. (…) Elle voulait également leur dire que de toute façon, ils avaient perdu. Ce procès le montre bien. (…) Notre pays continue et c’est fort heureux. Nous avons cette capacité à vivre, à survivre (…) ».

 

14H


 

EXTRAITS / Maître Pelé : « Gaëlle est une proche de victime survivante ; elle est ce qu’on nomme une victime par ricochet. (…) C’est sa sœur Chloé qui l’a poussée à le faire parce que Chloé elle sait que Gaëlle, même pas ricochet, elle sait ce qu’elle a du affronter et subir. Gaëlle me charge de vous livrer le fait suivant : « à quand une instance étatique nationale qui viendrait aider toutes ces victimes sur tout le territoire national ? » Des Gaëlle qui soutiennent des victimes survivantes, il en existe partout en France. Ce procès, Gaëlle l’a vécu et le vit comme un exutoire. Elle est satisfaite de savoir que ses frères humains seront jugés en droit par une justice humaine. (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Chabanne :  « (…) Jean -Jacques Amiot est décédé d’une balle dans la tête alors qu’il sortait ou tentait de sortir du Bataclan. Il a été retrouvé la face contre terre et les pieds proches d’une porte de sortie du Bataclan. Il était tout près de la vie sauve et cette balle l’a arrêté net et ne lui a laissé aucune chance ; aucune.

Jean-Jacques avait quatre petits-enfants. (…) Cette mort est impensable, inacceptable, inconcevable (…). Leurs mère étaient jeunes : elles avaient 32 ans, 36 ans. (…) C’est jeune pour perdre un père. (…) Jean-Jacques et sa femme Joëlle se sont rencontrés un jour et ne se sont plus quittés. Non seulement ils vivaient ensemble mais ils travaillaient ensemble. Donc pour les filles, il n’y avait jamais l’un sans l’autre.

(…) Jean-Jacques était un homme pudique, un homme élégant. (…) C’était quelqu’un qui avait eu une enfance difficile et il avait la courtoisie de ne pas en faire patir les personnes… et c’était surtout un humour corrosif, un humour qui faisait que toute personne qui le rencontrait avait envie de le re-rencontrer. (…) Il fait partie de ces personnes qui manquent un peu plus à notre planète ».

 

14H24


 

EXTRAITS / Maître Rousseau :  « (…) je vais essayer de vous parler de Léa, Christian, Nicolas, qui m’ont confié leur confiance. (…) Ils ne se connaissaient pas. Ils étaient tous les trois au Bataclan. Ils n’ont pas perdu de proches. Ils ont toujours un syndrôme post-traumatique. Ils sont devenus des « intranquilles ». Leur objectif, ce n’est pas de se venger. Ils veulent comprendre pourquoi.

(…) Lea c’est une jeune femme d’une trentaine d’années. Elle a invité sa copine Sophie, elles se sont placées près de l’estrade, près de la scène. (…) Lea va sentir les balles qui vont traverser le corps de son amie Sophie. Et puis Lea va se répéter comme un mantra « je veux pas mourir. Je veux pas mourir. Je veux pas mourir » et Sophie va lui dire de se taire. Alors Lea s’est tue … et c’est sans doute Sophie qui a sauvé Lea à ce moment là. 

(…) Je voudrais vous parler aussi de Christian. C’est un colosse de 65 ans mais qui a le cœur fissuré depuis le 13 novembre. Ce 13 novembre, s’il est sorti indemne physiquement, les terroristes lui ont volé sa vie parce que la musique c’est sa vie et puis aussi un peu de sa fierté parce que Christian n’a pas été un héros ce soir-là. Il a dû marcher sur des gens. Il s’en veut Christian.

(…) Vous devez montrer que votre verdict, c’est pas la fin d’un voyage mais un début ; la promesse de l’aube. (…) Y’a un confrère très jeune qui a écrit ses mémoires et qui concluait en disant « je crois au matin ».  Votre verdict doit nous faire croire au matin. (…) Quand enfin le matin se sera levé sur tous ces gens, alors oui vous en aurez fini avec le 13 novembre ».

 

14H43 : l’audience est suspendue.

Le président : « bien on va prendre le cap d’une suspension pour l’instant ».

15H34 : l’audience reprend.

Le président : « il y a toujours ce déséquilibre important entre mardi prochain et les autres jours prévus pour les plaidoiries. C’est pas 19 plaidoiries mais 28 … en plus avec des durées de 20 minutes pour certains … Il serait vraiment quand même important qu’on puisse répartir d’autres plaidoiries prévues mardi sur les autres jours ».


 

 

EXTRAITS / Maître Deniau :  « (…) le 13 novembre au matin, Cédric s’en va. Il aime la musique. Il dit au revoir à ses enfants, à Fabienne sa compagne. Fabienne ne veut pas qu’il y aille. Elle lui en veut. Elle le déteste d’aller une nouvelle fois à un concert avec ses amis. Il part et promet d’être revenu demain à 14 heures. Sa compagne se résigne et va préparer tout pour le lendemain 14 novembre… parce qu’Antoine (son fils) fête son anniversaire, 7 ans. (…) Ce 14 novembre devait être celui de la fête d’Antoine. Mais au lieu d’avoir ce calin, Antoine allait apprendre que son papa avait été assassiné. (…) Leur vie est laminée, la cour le sait, je ne vais pas en rajouter  ».

 

15H44


 

EXTRAITS / Maître Le Roy :  « (…) Y’a une chose qu’on aura apprise dans ce procès : c’est qu’il faut savoir pour comprendre et qu’il faut comprendre pour pouvoir guérir. Cette tuerie, ce massacre, au nom d’idéologies qui n’en sont pas, c’est l’absurde, l’absurde qui rend fou (…).

Le traumatisme collectif que nous avons subi ne peut souffrir le silence et devait mériter des explications. (…) Nous avons interrogé nos enquêteurs, nos policiers, nos experts, nos juges, nos ministres, un ancien président ; parfois avec rudesse, mais toujours dans cette quête de vérité ; toujours pour reconstituer les mémoires et toujours pour penser les plaies. (…)

La lutte contre le fléau terroriste, (…) c’est l’affaire de toute une société. (…) C’est aussi la responsabilité de chacun : la responsabilité des acteurs politiques, la responsabilité des acteurs sociétaux, économiques, industriels, judiciaires et encore beaucoup d’autres : la responsabilité de tous. Et nous progressons : nous progressons difficilement mais nous progressons.

(…) La décision que prendra la Cour doit s’inscrire dans cette œuvre de progrès ; dans cette lutte et dans cette protection. (…) Les victimes vous demandent de les protéger, de prendre toute mesure pour permettre à notre démocratie de leur offrir la protection qu’elle n’a pas pu, qu’elle n’a pas voulu leur apporter avant. Et sur ce point là, nous n’avons pas droit à l’erreur ».

 

15H58


 

EXTRAITS / Maître Schwalbert  :  « Germain Ferrey. a perdu la vie au Bataclan le soir du 13 novembre 2015 alors qu’il était au concert avec ses amis et sa compagne. Il avait 36 ans. Ce sont aujourd’hui ses proches que nous représentons. (…)

Je voudrais pour ma part vous parler du père et de la sœur de Germain. J’aurais aimé vous dire qu’ils vont bien aujourd’hui. J’aurais aimé vous dire que ce procès a été pour eux le réveil d’un long cauchemar. Mais ce serait vous mentir. En réalité, ce procès c’est un peu comme une plaie qui n’a jamais cicatrisé et qu’on vient rouvrir des années plus tard (…).

Pour sa petite sœur Domitille, Germain était un véritable pilier. (…) Quand Germain a disparu, c’est toute une partie d’elle qui a décliné. (…) Pour son père Jean-Dominique, il est tout simplement impossible de parler de ce qu’il s’est passé le 13 novembre (…). Ce n’est pas dans l’ordre des choses de subir la mort d’un enfant, encore moins si tôt et si brusquement. Le père de Germain n’était pas prêt ce jour-là, mais quel parent aurait pu l’être ? (…) ».

 

16H04

EXTRAITS / Maître Dasilva :  « (…) Comment une mère est contrainte de composer avec cette absence, cette souffrance cette plaie qui ne guérira jamais. On a deux options finalement : soit on cultive la haine, soit on reprend son souffle : on embrasse la vie … plutôt deux fois qu’une. Christine, c’est l’option qu’elle a choisi, malgré sa douleur, son traumatisme, le manque. Elle s’est nourrie de Germain pour redonner du sens à sa vie, pour le faire vivre encore et encore (…). Elle m’a dit enfin : « j’ai écouté les excuses de certains accusés. Maître, je les ai trouvées sincères. Je dois vous le dire, je l’avoue, ça m’a fait du bien » ».

 

16H14


 

EXTRAITS / Maître Mary :  « (…) Olivier s’est exprimé il y a quelques mois avec une certaine colère puisque ce soir-là il se trouvait sur la terrasse du Carillon en compagnie de son ami Sébastien. (…) Il avait éloigné sa chaise de la table parce qu’il était au téléphone. C’est pour ça qu’un peu reculé, il a pu voir la voiture arriver (…). C’est pour ça aussi qu’il a pu voir Brahim Abdeslam sortir de la voiture, épauler son arme, crier que Dieu est grand et commencer à tirer.

(…) Survient alors à ce moment-là la sidération face à l’irréalisme de la scène. Alors, évidemment, personne ne bouge. Personne sauf Olivier, qui lui, aussi brusquement que l’arme a été épaulée, s’est mis à courir entre les corps sidérés qui chutent (…). C’est à ce moment-là de sa fuite qu’une balle s’est logée dans son avant-bras gauche. Il a continué à courir, il était en sang. Il a essayé d’alerter ses concitoyens sur le danger qui arrivait. Pour eux, il était fou, il était en colère.

(…) Ils sont très banals les accusés … et surtout, locaux. Ils représentent davantage la voyoucratie occidentale que des réseaux de fanatiques étrangers. Ils ont des passés d’escrocs, de voleurs, ils vont aux putes, ils vont au casino, vendent de la drogue et partent en Thaïlande flamber leur argent. Début 2015, les frères Abdeslam fumaient leur caillasse au concert de Lacrim. Et puis, moins d’un an plus tard, les deux mêmes vont sur les terrasses du Carillon pour, au moins l’un d’entre eux, massacrer du mécréant. (…) C’est dans cette trahison que s’abreuve la colère d’Olivier ; celle des gens qui auraient dû être ses frères et qui finalement nous ont tous pris pour cible.

(…) J’entends dire mes confrères, ces derniers jours, les uns après les autres, que l’amour a triomphé, que la fête va continuer, que le rock ne mourra jamais (…) mais ce n’est pas ce que les victimes ou les confrères vivent ou disent dans la réalité. Ils font tous bonne figure. C’est notre manière de lutter. Je l’entends (…).  Il faut vivre, il faudra vivre, désormais amputés de cette légèreté.

(…) Olivier est en colère … mais il est habité d’une colère saine ; une colère qu’il serait stupide de négliger puisque c’est elle qui l’a fait se lever ce soir là quand tous les autres sont restés assis. La colère ne ramène pas les morts, mais le pardon non plus. Cet avertissement raisonnable que l’on a trop tourné en dérision, que l’on a fallacieusement fait passer pour de la haine, il ne faut plus l’ignorer ».

 

16h38


 

EXTRAITS / Maître :  « je défends un ensemble de personnes physiques, propriétaires du Bataclan, qui n’étaient pas présents au moment des faits. Ils m’ont demandé de prendre la parole aujourd’hui pour dire deux ou trois petites choses. Il faut que les victimes sachent qu’il y a des gens qui ne connaissaient pas les victimes ou les proches et ont été profondément touchés dans leur chair. (…) Et le dernier point, c’est qu’ils se retrouvent aujourd’hui après avoir géré une maison familiale, à gérer un lieu de mémoire et ils tiennent à faire savoir que quoi qu’il arrive ils seront à la hauteur pour gérer ce lieu de mémoire ».

 

16H46


 

EXTRAITS / Maître Fabbro :  « (…) puisque le fonds de garantie a fait l’objet durant ces débats de vives critiques, je voulais rappeler quelques petites choses qui me paraissaient importantes. La première c’est que le fonds de garantie est partie civile et une partie civile subrogée. Le fonds de garantie n’est pas l’assureur des terroristes ! Il intervient dans le cadre de la solidarité nationale. Le fonds de garantie a versé 155 millions d’euros pour les victimes du 13 novembre. (…) Le taux de contentieux de 7,5% est infime par rapport à ce qu’est le nombre des victimes des attentats du 13 novembre 2015. La critique est facile mais cette critique est discutée devant la JIVAT et il ne faut pas oublier que le FG est un service public (…). 94% des dossiers ont été traités à l’amiable et certaines victimes (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Guilluy :  « (…) iIs ont voulu semer la terreur mais quand on voit les parties civiles qui se serrent dans leur bras avant chaque témoignage, ils n’ont semé que plus de force. (…) Ils ont voulu semer la solitude mais quand on voit les rencontres qui se sont faites, les amitiés si solides qui se sont faites, ils n’ont créé que plus d’amour. Ce qu’ils ont voulu combattre, ils n’ont fait que le nourrir. Et ce qu’ils jalousent tant, à jamais leur survivra. Nous avons des valeurs (…) et ces valeurs personne n’a pu ni ne pourra nous les enlever ».

 


16h59 : l’audience est terminée pour aujourd’hui :  

Le président : « bien … d’après le planning que j’ai sous les yeux nous en avons fini pour aujourd’hui. L’audience reprendra demain à 12H30. L’audience est levée pour aujourd’hui ».

 

A demain ! 

 

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Attention : toute reproduction de ce contenu sans l’autorisation expresse de l’auteur expose le contrefacteur à des poursuites.

Attention : la lecture des éléments de retranscription du procès des attentats du 13 novembre 2015 s’adresse à un public averti. Certains des propos rapportés sont susceptibles, par leur contenu ou leur nature, de heurter la sensibilité des lecteurs, et notamment des plus jeunes. Par ailleurs, toute reproduction du contenu, même partielle, sans l’autorisation expresse de l’auteur expose le contrefacteur à des poursuites.

 

EXTRAITS

MERCREDI 1ER JUIN 2022

 

12H50 : j’arrive dans la salle (très) en retard. La sonnerie retentit pile à ce moment-là !

 

14H32 : la sonnerie retentit. La cour entre.

EXTRAITS / Le président : « à l’issue des sommations, on a encore neuf détenus qui refusent de comparaître. (…) Petite précision sur ce mouvement qui est lié au fait que l’un des détenus doit avoir un suivi médical par rapport à une intervention qu’il a eu il y a quelques temps et il s’impatiente par rapport à la date à laquelle ce suivi médical doit avoir lieu. (…) Je ne vais pas rentrer dans les détails car c’est couvert par le secret médical. Depuis ce matin je suis sur le sujet pour que le rendez-vous puisse être pris au plus tôt ».

 

Les plaidoiries des parties civiles s’ouvrent. Les plaidoiries collectives sont terminées. A partir d’aujourd’hui et pendant quatre jours, il s’agira des plaidoiries individuelles des avocats de parties civiles.


 

EXTRAITS / Maître Riberolles :  « Neuf mois de procès. Une salle d’audience comme nous n’en avions jamais vu. (…) Des écrans partout. Une régie mais pas de spectacle ; des masques à n’en plus finir, qui ne tombent jamais. Des accusés qu’on a du mal à distinguer, qui cumulent plus d’un demi-siècle de prison avant même d’avoir été jugés. (…) Des débats que l’on a envie de critiquer mais une autorité présidentielle qui dissuade de se rebeller. Des enquêteurs hypermnésiques ou amnésiques, un commissaire héroïque ; une colocataire qui au péril de sa vie a dénoncé deux terroristes (…). Un mois d’octobre qui restera gravé dans les mémoires et dans la pierre plusieurs fois centenaires de la cour d’appel de Paris. (…)

Anne-Laure n’est pas venue à la barre de la cour d’assises témoigner de son 13 novembre. (…) Anne-Laure ne dira plus rien à personne ; jamais. Anne-Laure a été assassinée le 13 novembre 2015 sur la terrasse de La Belle Equipe. Elle partageait un verre avec Cécile, une amie, elle aussi assassinnée. (…) ».

 

13H01


 

EXTRAITS / Maître de Montbrial : « (…) nous avons un vrai paradoxe dans notre pays : l’islamisme est combattu par les pouvoirs publics et pour autant, c’est une idéologie qui a toujours pignon sur rue et avec laquelle s’allient un certain nombre de partis politiques.

(…) On ne peut pas juger un crime complexe sans comprendre que la part de chacun s’inscrit dans un tout. (…) Sans les uns, les autres n’auraient pas pu agir. C’est ce que la juge Panou a appelé « le dossier dans sa globalité ». Vous ne pourrez pas dissocier la responsabilité individuelle de l’ensemble des actes qui ont été commis. (…) 

(…) Ma fierté c’est d’avoir fait partie de ce procès, sous votre direction monsieur le président. Ce procès est la fierté et l’honneur de la République française et en particulier de son institution judiciaire ».

 

13H32


 

EXTRAITS / Maître Chirac Kollarik :  « (…) Je m’appelle David P. et je n’ai pas eu le temps de souffler mes 42 bougies. (…) J’ai presque l’air endormi mais je suis déjà parti.

David, nous ne nous connaissons pas mais Claire votre compagne, vos enfants, votre famille, ont souhaité que je sois pour quelques minutes votre voix et la leur devant cette cour.

(…) C’est une vie qui a été arrachée en une fraction de secondes ; celle d’un homme qui n’a eu de cesse de vouloir comprendre. David c’était un libre-penseur, c’était un féministe ; c’était celui qui était prêt à rester un homme au foyer parce qu’il était fou de ses gosses. Il avait la culture du rejet des dogmes. David était devenu professeur des écoles, deux ans avant le drame ».

 

13H40


 

EXTRAITS / Maître Thevenet :  « le 13 novembre 2015, Suzon et Paul se trouvaient dans le fosse du Bataclan. (…) Paul a vu sa sœur s’écrouler ; elle venait d’être touchée à la tête. Paul parvint miraculeusement à s’enfuir. (…) Paul est traumatisé. (…) Suzon était décrite comme le pilier de cette famille recomposée. Suzon était douce avec tous, fusionnelle avec son père. Son père ne s’est jamais remis de ces attentats.

(…) Pour beaucoup de victimes, la douleur ne disparaîtra jamais. Tout ce qui compte, c’est la famille, c’est les proches, c’est les vivants. Alors mes derniers mots sont pour eux : ceux qui par leur amour, leur compassion, permettent à d’autres de continuer. Ce sont eux les guerriers, ce sont eux les vrais héros ».

 

13H49


 

EXTRAITS / Maître Fourrier :  «  toutes les victimes ont leur place ; c’est pas surabondant de vouloir le redire mais c’est peut-être les dernières fois où l’on peut parler des victimes. (…) Madame Boissinot voulait absolument rencontrer Salah Abdeslam. Ça n’a pas été possible. Elle voulait comprendre le ressort de cet accusé ; elle voulait lui dire avec ses mots que c’est un homme de la terreur ; qu’il n’y avait pas d’honneur, que c’était une immense lâcheté. (…) Elle voulait également leur dire que de toute façon, ils avaient perdu. Ce procès le montre bien. (…) Notre pays continue et c’est fort heureux. Nous avons cette capacité à vivre, à survivre (…) ».

 

14H


 

EXTRAITS / Maître Pelé : « Gaëlle est une proche de victime survivante ; elle est ce qu’on nomme une victime par ricochet. (…) C’est sa sœur Chloé qui l’a poussée à le faire parce que Chloé elle sait que Gaëlle, même pas ricochet, elle sait ce qu’elle a du affronter et subir. Gaëlle me charge de vous livrer le fait suivant : « à quand une instance étatique nationale qui viendrait aider toutes ces victimes sur tout le territoire national ? » Des Gaëlle qui soutiennent des victimes survivantes, il en existe partout en France. Ce procès, Gaëlle l’a vécu et le vit comme un exutoire. Elle est satisfaite de savoir que ses frères humains seront jugés en droit par une justice humaine. (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Chabanne :  « (…) Jean -Jacques Amiot est décédé d’une balle dans la tête alors qu’il sortait ou tentait de sortir du Bataclan. Il a été retrouvé la face contre terre et les pieds proches d’une porte de sortie du Bataclan. Il était tout près de la vie sauve et cette balle l’a arrêté net et ne lui a laissé aucune chance ; aucune.

Jean-Jacques avait quatre petits-enfants. (…) Cette mort est impensable, inacceptable, inconcevable (…). Leurs mère étaient jeunes : elles avaient 32 ans, 36 ans. (…) C’est jeune pour perdre un père. (…) Jean-Jacques et sa femme Joëlle se sont rencontrés un jour et ne se sont plus quittés. Non seulement ils vivaient ensemble mais ils travaillaient ensemble. Donc pour les filles, il n’y avait jamais l’un sans l’autre.

(…) Jean-Jacques était un homme pudique, un homme élégant. (…) C’était quelqu’un qui avait eu une enfance difficile et il avait la courtoisie de ne pas en faire patir les personnes… et c’était surtout un humour corrosif, un humour qui faisait que toute personne qui le rencontrait avait envie de le re-rencontrer. (…) Il fait partie de ces personnes qui manquent un peu plus à notre planète ».

 

14H24


 

EXTRAITS / Maître Rousseau :  « (…) je vais essayer de vous parler de Léa, Christian, Nicolas, qui m’ont confié leur confiance. (…) Ils ne se connaissaient pas. Ils étaient tous les trois au Bataclan. Ils n’ont pas perdu de proches. Ils ont toujours un syndrôme post-traumatique. Ils sont devenus des « intranquilles ». Leur objectif, ce n’est pas de se venger. Ils veulent comprendre pourquoi.

(…) Lea c’est une jeune femme d’une trentaine d’années. Elle a invité sa copine Sophie, elles se sont placées près de l’estrade, près de la scène. (…) Lea va sentir les balles qui vont traverser le corps de son amie Sophie. Et puis Lea va se répéter comme un mantra « je veux pas mourir. Je veux pas mourir. Je veux pas mourir » et Sophie va lui dire de se taire. Alors Lea s’est tue … et c’est sans doute Sophie qui a sauvé Lea à ce moment là. 

(…) Je voudrais vous parler aussi de Christian. C’est un colosse de 65 ans mais qui a le cœur fissuré depuis le 13 novembre. Ce 13 novembre, s’il est sorti indemne physiquement, les terroristes lui ont volé sa vie parce que la musique c’est sa vie et puis aussi un peu de sa fierté parce que Christian n’a pas été un héros ce soir-là. Il a dû marcher sur des gens. Il s’en veut Christian.

(…) Vous devez montrer que votre verdict, c’est pas la fin d’un voyage mais un début ; la promesse de l’aube. (…) Y’a un confrère très jeune qui a écrit ses mémoires et qui concluait en disant « je crois au matin ».  Votre verdict doit nous faire croire au matin. (…) Quand enfin le matin se sera levé sur tous ces gens, alors oui vous en aurez fini avec le 13 novembre ».

 

14H43 : l’audience est suspendue.

Le président : « bien on va prendre le cap d’une suspension pour l’instant ».

15H34 : l’audience reprend.

Le président : « il y a toujours ce déséquilibre important entre mardi prochain et les autres jours prévus pour les plaidoiries. C’est pas 19 plaidoiries mais 28 … en plus avec des durées de 20 minutes pour certains … Il serait vraiment quand même important qu’on puisse répartir d’autres plaidoiries prévues mardi sur les autres jours ».


 

 

EXTRAITS / Maître Deniau :  « (…) le 13 novembre au matin, Cédric s’en va. Il aime la musique. Il dit au revoir à ses enfants, à Fabienne sa compagne. Fabienne ne veut pas qu’il y aille. Elle lui en veut. Elle le déteste d’aller une nouvelle fois à un concert avec ses amis. Il part et promet d’être revenu demain à 14 heures. Sa compagne se résigne et va préparer tout pour le lendemain 14 novembre… parce qu’Antoine (son fils) fête son anniversaire, 7 ans. (…) Ce 14 novembre devait être celui de la fête d’Antoine. Mais au lieu d’avoir ce calin, Antoine allait apprendre que son papa avait été assassiné. (…) Leur vie est laminée, la cour le sait, je ne vais pas en rajouter  ».

 

15H44


 

EXTRAITS / Maître Le Roy :  « (…) Y’a une chose qu’on aura apprise dans ce procès : c’est qu’il faut savoir pour comprendre et qu’il faut comprendre pour pouvoir guérir. Cette tuerie, ce massacre, au nom d’idéologies qui n’en sont pas, c’est l’absurde, l’absurde qui rend fou (…).

Le traumatisme collectif que nous avons subi ne peut souffrir le silence et devait mériter des explications. (…) Nous avons interrogé nos enquêteurs, nos policiers, nos experts, nos juges, nos ministres, un ancien président ; parfois avec rudesse, mais toujours dans cette quête de vérité ; toujours pour reconstituer les mémoires et toujours pour penser les plaies. (…)

La lutte contre le fléau terroriste, (…) c’est l’affaire de toute une société. (…) C’est aussi la responsabilité de chacun : la responsabilité des acteurs politiques, la responsabilité des acteurs sociétaux, économiques, industriels, judiciaires et encore beaucoup d’autres : la responsabilité de tous. Et nous progressons : nous progressons difficilement mais nous progressons.

(…) La décision que prendra la Cour doit s’inscrire dans cette œuvre de progrès ; dans cette lutte et dans cette protection. (…) Les victimes vous demandent de les protéger, de prendre toute mesure pour permettre à notre démocratie de leur offrir la protection qu’elle n’a pas pu, qu’elle n’a pas voulu leur apporter avant. Et sur ce point là, nous n’avons pas droit à l’erreur ».

 

15H58


 

EXTRAITS / Maître Schwalbert  :  « Germain F. a perdu la vie (…). Ce sont aujourd’hui ses proches que nous représentons. (…) Je voudrais pour ma part vous parler du père et de la sœur de Germain. J’aurais aimé vous dire que ce procès a été bénéfique pour eux (…) mais ce serait vous mentir. En réalité, ce procès c’est un peu comme une plaie qui n’a jamais cicatrisé et qu’on vient rouvrir des années plus tard (…).

Pour sa petite sœur Domitille, (…) quand Germain a disparu, c’est toute une partie d’elle qui a décliné. Pour son père, il est tout simplement impossible de parler de cette soirée du 13 novembre (…). Jamais il n’est parvenu à faire le deuil de son fils (…) ».

 

16H04

EXTRAITS / Maître Dasilva :  « (…) Comment une mère est contrainte de composer avec cette absence, cette souffrance cette plaie qui ne guérira jamais. On a deux options finalement : soit on cultive la haine, soit on reprend son souffle : on embrasse la vie … plutôt deux fois qu’une. Christine, c’est l’option qu’elle a choisi, malgré sa douleur, son traumatisme, le manque. Elle s’est nourrie de Germain pour redonner du sens à sa vie, pour le faire vivre encore et encore (…). Elle m’a dit enfin : « j’ai écouté les excuses de certains accusés. Maître, je les ai trouvées sincères. Je dois vous le dire, je l’avoue, ça m’a fait du bien » ».

 

16H14


 

EXTRAITS / Maître Mary :  « (…) Olivier s’est exprimé il y a quelques mois avec une certaine colère puisque ce soir-là il se trouvait sur la terrasse du Carillon en compagnie de son ami Sébastien. (…) Il avait éloigné sa chaise de la table parce qu’il était au téléphone. C’est pour ça qu’un peu reculé, il a pu voir la voiture arriver (…). C’est pour ça aussi qu’il a pu voir Brahim Abdeslam sortir de la voiture, épauler son arme, crier que Dieu est grand et commencer à tirer.

(…) Survient alors à ce moment-là la sidération face à l’irréalisme de la scène. Alors, évidemment, personne ne bouge. Personne sauf Olivier, qui lui, aussi brusquement que l’arme a été épaulée, s’est mis à courir entre les corps sidérés qui chutent (…). C’est à ce moment-là de sa fuite qu’une balle s’est logée dans son avant-bras gauche. Il a continué à courir, il était en sang. Il a essayé d’alerter ses concitoyens sur le danger qui arrivait. Pour eux, il était fou, il était en colère.

(…) Ils sont très banals les accusés … et surtout, locaux. Ils représentent davantage la voyoucratie occidentale que des réseaux de fanatiques étrangers. Ils ont des passés d’escrocs, de voleurs, ils vont aux putes, ils vont au casino, vendent de la drogue et partent en Thaïlande flamber leur argent. Début 2015, les frères Abdeslam fumaient leur caillasse au concert de Lacrim. Et puis, moins d’un an plus tard, les deux mêmes vont sur les terrasses du Carillon pour, au moins l’un d’entre eux, massacrer du mécréant. (…) C’est dans cette trahison que s’abreuve la colère d’Olivier ; celle des gens qui auraient dû être ses frères et qui finalement nous ont tous pris pour cible.

(…) J’entends dire mes confrères, ces derniers jours, les uns après les autres, que l’amour a triomphé, que la fête va continuer, que le rock ne mourra jamais (…) mais ce n’est pas ce que les victimes ou les confrères vivent ou disent dans la réalité. Ils font tous bonne figure. C’est notre manière de lutter. Je l’entends (…).  Il faut vivre, il faudra vivre, désormais amputés de cette légèreté.

(…) Olivier est en colère … mais il est habité d’une colère saine ; une colère qu’il serait stupide de négliger puisque c’est elle qui l’a fait se lever ce soir là quand tous les autres sont restés assis. La colère ne ramène pas les morts, mais le pardon non plus. Cet avertissement raisonnable que l’on a trop tourné en dérision, que l’on a fallacieusement fait passer pour de la haine, il ne faut plus l’ignorer ».

 

16h38


 

EXTRAITS / Maître :  « je défends un ensemble de personnes physiques, propriétaires du Bataclan, qui n’étaient pas présents au moment des faits. Ils m’ont demandé de prendre la parole aujourd’hui pour dire deux ou trois petites choses. Il faut que les victimes sachent qu’il y a des gens qui ne connaissaient pas les victimes ou les proches et ont été profondément touchés dans leur chair. (…) Et le dernier point, c’est qu’ils se retrouvent aujourd’hui après avoir géré une maison familiale, à gérer un lieu de mémoire et ils tiennent à faire savoir que quoi qu’il arrive ils seront à la hauteur pour gérer ce lieu de mémoire ».

 

16H46


 

EXTRAITS / Maître Fabbro :  « (…) puisque le fonds de garantie a fait l’objet durant ces débats de vives critiques, je voulais rappeler quelques petites choses qui me paraissaient importantes. La première c’est que le fonds de garantie est partie civile et une partie civile subrogée. Le fonds de garantie n’est pas l’assureur des terroristes ! Il intervient dans le cadre de la solidarité nationale. Le fonds de garantie a versé 155 millions d’euros pour les victimes du 13 novembre. (…) Le taux de contentieux de 7,5% est infime par rapport à ce qu’est le nombre des victimes des attentats du 13 novembre 2015. La critique est facile mais cette critique est discutée devant la JIVAT et il ne faut pas oublier que le FG est un service public (…). 94% des dossiers ont été traités à l’amiable et certaines victimes (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Guilluy :  « (…) iIs ont voulu semer la terreur mais quand on voit les parties civiles qui se serrent dans leur bras avant chaque témoignage, ils n’ont semé que plus de force. (…) Ils ont voulu semer la solitude mais quand on voit les rencontres qui se sont faites, les amitiés si solides qui se sont faites, ils n’ont créé que plus d’amour. Ce qu’ils ont voulu combattre, ils n’ont fait que le nourrir. Et ce qu’ils jalousent tant, à jamais leur survivra. Nous avons des valeurs (…) et ces valeurs personne n’a pu ni ne pourra nous les enlever ».

 


16h59 : l’audience est terminée pour aujourd’hui :  

Le président : « bien … d’après le planning que j’ai sous les yeux nous en avons fini pour aujourd’hui. L’audience reprendra demain à 12H30. L’audience est levée pour aujourd’hui ».

 

A demain ! 

 

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