Jour 134

Attention : la lecture des éléments de retranscription du procès des attentats du 13 novembre 2015 s’adresse à un public averti. Certains des propos rapportés sont susceptibles, par leur contenu ou leur nature, de heurter la sensibilité des lecteurs, et notamment des plus jeunes. Par ailleurs, toute reproduction du contenu, même partielle, sans l’autorisation expresse de l’auteur expose le contrefacteur à des poursuites.

 

EXTRAITS.

MARDI 7 JUIN 2022

12H42 : la sonnerie retentit. La cour entre.

Le président : « l’audience est reprise. Veuillez vous asseoir. Bien, alors avant de continuer les plaidoiries des parties civiles, je crois qu’on a de nouvelles constitutions ».

 


 

EXTRAITS / Maître Lombard : « dans les intérêts du père de Hyacinthe Koma, assassiné par les escadrons de la mort à la terrasse de La Belle Equipe. (…) Hyacinthe, 35 ans, il dort, souriant comme sourirait un enfant malade. Il a froid. Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. Ce sont les deux balles qu’il a reçues. Lui qui aimait tant la poésie et Arthur Rimbaud, il n’imaginait pas dormir comme Arthur Duval.

Son père a tenu à s’associer à ce procès auquel il a trouvé un certain nombre de réponses aux questions qui étaient les siennes. Il a acquis la conviction que ceux qui sont dans le box sont bien ceux qui ont contribué à l’assassinat de son fils. Le casting de l’accusation est le bon !

Des questions demeurent pour ce père de famille. (…) Est-ce qu’il existe des accusés indéfendables ? Pourquoi appliquer des règles de droit à ceux qui n’en ont pas. Une même réponse : le droit charpente notre démocratie et interdire l’accès des accusés à une défense, (…) c’est mettre en cause notre système judiciaire.

Enfin, nous avons entendu Salah Abdeslam à de nombreuses reprises. (…) Monsieur Abdeslam poursuit le 9 février en invoquant Voltaire : « calomniez calomniez, il en restera toujours quelque chose ». La seule chose qui le relie à Voltaire c’est le Comptoir où son frère Brahim utilisait en quelques sortes les facilités du martyr ! Il aurait mieux fait de faire appel à Molière : « la profession d’hypocrite présente de merveilleux avantages ; elle permet de tromper son monde ». Caché derrière les apparences du rigorisme religieux, c’est en fait un faux monnayeur d’émotion et un assassin de façade ».

 


 

EXTRAITS / Maître Amougou : « le crime que vous avez à juger aujourd’hui est l’un des plus horribles, l’un des plus monstrueux. Au nom du respect dû à la vie humaine, la famille Koma, par mon intermédiaire, souhaite que la décision que vous serez amené à rendre soit un rappel du caractère inviolable de la vie humaine. (…) Nous avons également conscience que certains sont susceptibles de recouvrer d’ici quelques années la liberté, c’est pourquoi, pour leur reconnaitre le droit de revenir un jour dans notre société, la famille Koma attend de chacun des assusés qu’elle prononce cette unique phrase « oui. J’ai compris. Tout homme a le droit de passer par le chemin qui lui plait et de vivre la vie qu’il soit car dans ce pays, les êtres humains vont au ciel par le chemin qui leur plait ».

 


 

EXTRAITS / Maître Lepidi : « vous avez le pouvoir de prononcer une sentence contre les accusés. Quant à moi, j’ai un devoir : celui de les faire condamner à autre chose ; non pas à une sanction mais à une peine : celle de faire des cauchemars. Je ne sais pas si vos larmes sont sincères parfois ou de crocodiles mais sachez que si nuit après nuit, 365 jours par an reviennent les vies, les visages de ceux qui ont été abattus sauvagement, ce sera un tout petit soulagement pour les parties civiles. (…) Souvenez-vous chaque nuit qu’un d’entre eux porte le nom d’innocent : innocenti … celui qui ne fait de mal à personne. Que ce mot innocent vous hante à jamais. Répétez-vous : à cause de moi, des innocents qui n’avaient fait de mal à personne ont été tués. Je suis coupable et ceux que j’ai contribué à assassiner portent tous le nom de Innocenti : innocents, innocents, innocents ! ».

 

13H34


 

EXTRAITS / Maître Roussier : « Jamais Emmanuel Breuil n’a évoqué la haine durant toutes ces années. Alors messieurs les accusés : Face à la dignité d’Emmanuel Breuil, face aux valeurs que nous prônons, vous n’avez pas gagné et vous ne gagnerez jamais. On se battra toujours contre les terroristes, mais pas comme des terroristes, et nous gagnerons ».

 

13H41


 

EXTRAITS / Maître Hazan : « c’est le moment où la culpabilité doit cesser d’être un sentiment. La culpabilité doit devenir une décision de justice et vous allez la rendre ».

 

13H52


 

EXTRAITS / Maître Bisaccia Berstein : « on leur en demande tant aux victimes. Elles sont toujours trop ou pas assez les victimes. On attend des larmes, mais pas trop fortes : faites-nous du pathos esthétique. Alors moi il se trouve que j’ai de la chance. Mes victimes sont belles, si belles, elles sont justes, elles sont nuancées. (…) Je suis fière de cette patrouille et je suis encore plus fière d’être leur avocate ; c’est un honneur pour moi de porter leur voix aujourd’hui ».

 


 

EXTRAITS / Maître Ivaldi : « (…) Elle veut croire que cette part d’humain, qui peut exister en chaque homme, existe là où d’autres ne voient que le mensonge et la mort. Elle veut croire que la vie est plus forte que la mort. Elle n’est pas dans une démarche de pardon. Elle est convaincue ! Elle croit que ce procès, que la justice que vous allez rendre, permettra de contribuer à la réaffirmation de ce que la vie est plus forte que la mort. Elle souhaite que votre décision de justice permette de continuer à croire en l’humanité ».

 

14H22


 

EXTRAITS / Maître Guttadauro : « Fatou, Micheline et Lucille ont intégré les règles du procès pénal. Elles ont accepté de ne pas avoir de réponse précise sur ce qui leur était arrivé. Elles ont compris qu’elles n’auraient pas d’explication. (…) Elles ont également accepté le turbulent silence de certains accusés. D’ailleurs, pour ne pas être déçues, elles n’attendaient rien des accusés. Elles ont accepté de ne pas avoir de certitude sur l’identité de celui qui leur avait infligé ces blessures.

(…) Au terme de cette audience, la Cour devra répondre à un certain nombre de questions. Elle dira également que la souffrance réelle, d’un enfant en Syrie ou d’ailleurs ne pourra jamais, jamais servir de justification opportuniste (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Malapert (reprend les termes de la soeur d’Asta, tuée dans sa voiture alors qu’elle se trouvait à proximité des terrasses) : « dialoguer c’est entendre ce que l’autre a à dire avant tout. Les assassins d’Asta sont des lâches, qui se cachent derrière l’islam, cette religion de paix et de tolérance. Ils ont été jugés par Allah pour leurs actes. (…)  Au bout du compte, je n’ai toujours pas compris pourquoi Asta a été tuée. Je conserve toutefois l’espoir que ma petite famille ressorte avec un peu d’apaisement. Je conserve l’espoir que ce procès vous donne le courage messieurs, de vous demander : est-ce que votre interprétation des textes était la bonne ? ».

 

14H45


Maître Essabaa prend la parole, visiblement émue. Elle explique que c’est la première fois qu’elle plaide aux assises et qu’elle entretient également un lien particulier avec les clients qu’elle représente.

 

EXTRAITS / Maître Essabaa : « vous raconter le parcours de Guillaume, c’est vous raconter cette chasse à l’homme psychique qui a commencé au Bataclan et qui s’est achevée dans la clinique Jeanne d’Arc dans laquelle il s’est pendu. (…) Les attentats ont provoqué chez Guillaumme des symptômes de stress post-traumatique qui ont évolué vers un délire hypocondriaque. Dans ce cas, mettre fin à ses jours ne résulte pas d’un choix mais bien d’une contrainte psychiatrique. Guillaume aurait eu 36 ans le 20 mai dernier. Le suicide de Guillaume est bien la conséquence ultime des attentats (…) ».

 

14H52 : l’audience est suspendue. 15H32 : l’audience reprend.


 

EXTRAITS / Maître Cerceau : « avez-vous entendu ce silence ? L’avez-vous entendu ? Avez-vous entendu ce silence après ce souffle des gilets explosifs, le sifflement des balles ? (…) Avez-vous entendu ce silence qui a étreint des familles entières lorsqu’elles ont appris qu’elle ne reverrait plus leur femme, leur mari, leur père, leur mère, leur enfant, leur amour ?! (…)

Je l’ai entendu moi ce silence, juste avant qu’il ne déchire le récit impensable de l’indicible. J’ai été happée par cette audience durant neuf mois, tous les jours. J’ai écouté la portée de chaque voix, comme autant de partitions de musique, qu’on ne pourra jamais oublier. (…)  Durant sept semaines de témoignages, les victimes nous ont confié leur souffrance, leur douleur, leur difficulté à vivre pleinement, leur haine, leur pardon, leurs espoirs, leur force, leur incroyable force. Ces récits m’ont changée ; ils nous ont tous changé.

J’ai vu mes confrères, de part et d’autre de la barre, tournant le visage, pour éviter qu’on ne surprenne leurs larmes. Je vous ai vus aussi mesdames, messieurs de la Cour, sidérés ; et vous monsieur le président, être pris d’une telle émotion que vous étiez incapable, le temps d’un instant, de reprendre la parole. (…)

Je suis convaincue que c’est en écoutant palpiter ces cœurs, que le carcan dans lequel se sont enfermés certains accusés peut rompre. (…) Le silence des accusés est un droit assourdissant, mais un droit absolu. Alors, lorsqu’après six ans de mutisme la parole reprend, même fracassante, il faut l’écouter. Elle est celle qui marque le rythme terrifiant entre l’homme qu’on a voulu être et l’homme ordinaire qu’on était et qu’on pourrait vouloir redevenir.

Claire Josserand Schmidt et moi avions plaidé l’une contre l’autre il y a dix ans. Au début de cette audience, nous nous sommes reconnues, souvenues, ici. Il nous est apparu comme une évidence de travailler ensemble. (…) Nous nous sommes retrouvées dans cette même foi en l’homme, dans cette capacité d’analyse, d’évolution et de changement et dans cette nécessité d’écouter aussi les accusés, de les sonder. L’avocat est aussi là pour écouter ce que ses clients n’arrivent pas à entendre. (…) Les écouter tous vraiment, nous le devions. C’est l’essence même de notre justice, dans ce qu’elle a de plus difficile et de plus honorable.

(…) J’aimerais tant que votre décision permette aux victimes de faire de cette destruction un terreau fertile sur lesquel pourrait repousser la vie, la leur, encore plus forte et plus belle que ce qu’elle était le 13 novembre 2015 ».

 


 

EXTRAITS / Maître Josserand-Schmidt : « (…) ils et elles sont enfin venus avec cette lancinante question : pourquoi ?! Pourquoi ils se retournent contre nous ? Pourquoi ils nous tuent ?! C’est une question lancinante. C’est inévitable de chercher à comprendre face au carnage inepte, insensé (…). Ils elles aspirent tous et toutes à pouvoir se reconstruire dans un monde débarassé de cette menace terroriste. (…)

Votre verdict malheureusement ne marquera pas la fin de l’histoire. Tout ce qui se dit ici doit servir dehors pour la lutte contre le terrorisme. (…) ‘On le met en prison OK … mais après ?!’. Alors oui, interroger Salah Abdeslam pour certaines victimes c’était essentiel (…). L’écouter n’est pas simple mais on l’écoute comme n’importe quel accusé car son silence fait souvent plus mal que ses mots. Vous seul monsieur le président mesdames messieurs de la Cour vous direz la vérité judiciaire ».

 


 

EXTRAITS / Maître Bertrand : « aujourd’hui, certaines de nos parties civiles sont en colère et celles qui ne le sont pas sont loin d’être en paix ».

 


EXTRAITS / Maître Senyk : « c’était un mercredi ; ce fut un vendredi. Vous étiez, nous sommes tous armés, pour leur faire de l’ombre ».

 

16H26


 

EXTRAITS / Maître Witt : « lors des premières réunions d’information, la traduction des débats n’avait pas été prévue par la Cour. Ce fut une source d’angoisse pour les parties civiles étrangères. Heureusement en urgence, grâce à la mobilisation exceptionnelle d’interprète, grâce à la compréhension de votre cour, les débats ont pu être traduits in extremis. Pour les autres, la webradio représentait le seul moyen de participer au procès. Prétendues difficultés techniques ou de sécurité informatique sont autant de raisons pour ne pas se rendre à l’évidence : la Chancellerie avait tout simplement oublié les victimes résidant à l’étranger. Alors en souffrance, les parties civiles étrangères sont venues vous raconter leur crainte viscérale d’être privée du procès de leur frère, de leur mari. Ce défaut de prise en charge a été vécu par elle comme une négation de leur qualité même de victime ».

 


 

EXTRAITS / Maître Ricard : « cette audience, nos clients l’ont suivie avec un goût inexorable pour la liberté : la liberté de penser et la liberté d’opinion sont consubstantielles à la culture anglaise, irlandaise et écossaise. Quant aux accusés, nos clients attendaient-ils des réponses ? Non. Ils n’en attendent pas d’eux mais de vous. (…)

Souvenez-vous messieurs les accusés que le français est cette langue où l’on emploi le mot jamais pour désigner toujours. Ce dernier mot vous ne l’aurez pas et il reviendra à vous, un jury de magistrats professionnels ».

 


 

EXTRAITS / Maître Chirez : « le malaise qui est le mien de se dire qu’aujourd’hui, nous sommes le 7 juin 2022, nous attendons toujours la web radio… Et cet espoir, c’est évidemment pas de vous cour d’assises que ça dépend mais peut-être de la Chancellerie, dépécher un interprète pour que dès demain ils puissent assister à ce qui va constituer le cœur des interrogations qui seront les vôtres ; le cœur des inquiétudes qui seront les leurs. Ils ont aussi envie de vous entendre vous avocat de la défense parce que faute d’avoir pu assister aux débats, il y a eu tout un tas de questions qu’ils se sont posés, qu’ils nous ont posé ».

 


 

EXTRAITS / Maître Gavini : « Tess, Tess ; deux mots prononcés par Djamila Houd, assassinée à la terrasse de La Belle Equipe. Tess, le prénom d’une petite fille, qui vit toujours au milieu du chaos, dans ce dernier souffle de mort. Tess a 8 ans, le 13 novembre 2015. Et pour elle ce soir-là, pas de fête, pas de terrasse, pas de concert. Tess dort dans son lit, dans son lit d’enfant. Avant de s’endormir, elle conclut un pacte avec son père « tu ne rentres pas tard hein ! Tu ne rentres pas tard ! Promis ?! ». Elle retrouvera maman, demain, après un dodo qui la fera voyager dans ses rêves, dans ses rêves d’enfant.

Le lendemain matin, Tess est fâchée. Papa n’a pas respecté le pacte. Papa n’est pas rentré tôt. Papa n’est pas rentré du tout d’ailleurs.

Pourquoi tout est bizarre dans cette maison ? Pourquoi Eric et Laurence sont là, eux aussi bizarres ? Même les images de la télévision sont bizarres :

‘il s’est passé quoi papa ?!’

‘Il y a eu une attaque Tess, et il y a 129 morts’.

‘129 ?! 129 c’est beaucoup papa quand même !!’

‘… Tu entends le grand « boum! » à l’écran ? Ce sont des bombes. Ce sont ces bombes qui ont tué des gens. Hier, j’étais avec maman Tess, et on a entendu le grand « boum! » ; il était juste à côté de nous, il a touché maman. Maman est morte Tess’.

Trois mots pour changer à jamais le destin d’une petite fille de huit ans, condamnée à vivre sans l’amour de sa mère. « Maman n’est pas morte ! Elle est nulle ton histoire papa … et en plus t’es méchant ». Comment lui dire qu’il n’y a ni farce, ni mensonge et que maman est bien morte ? (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Pugliesi : « je ne pensais pas que la pudeur s’imposerait à ce point dans ce procès. La pudeur a cru, pendant un temps à tout le moins édicter ses règles et rendre le crime du Bataclan invisible. Mes clients ont rampé dans le sang, en ont senti l’odeur : ils ne veulent pas de cette pudeur collective. Ce qui ne peut être vu dans les médias doit l’être dans une cour d’assises. Comment juger le crime du Bataclan sans voir le crime du Bataclan ? Quel soulagement pour la défense de ne pas voir la diffusion des images et des sons ?! Alors après moult débats, les PC ont obtenu le visionnage de quelques images de la scène de crime du Bataclan. 2H de son sur un procès de 10 mois : cette bande son aurait dû être diffusée entièrement. Chacun aurait eru le choix d’écouter ou de ne pas écouter, mais ceux qui ont fait le choix de l’entendre auraient bénéficié de meilleures conditions qu’elles auront seule dans un cabinet d’avocat. Mais la pudeur c’est aussi immiscée dans la pensée collective. (…) J’ai eu cette sensation que lorsque les victimes se sont présentées à cette barre et ont dit leur haine, cela nous a heurtés et dérangés (…) ».

 


 

EXTRAITS / Maître Royaux : « c’est peut-être ça la vertue du procès pénal : tutoyer pleinement la légitimité. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui qu’elles vont bien, mais je ne m’interdis pas d’imaginer qu’elles vont mieux ».

 


 

EXTRAITS / Maître Cechman : « (…) quand tout a commencé, il était loin de ses amis. Il était à côté d’un immense gaillard, un immense inconnu parti dans une hystérie amusante d’un solo de air guitare. Dans ce monde, cet homme si grand a été fauché par les tirs et s’est effondré sur Maxime, l’a couvert, l’a caché … funeste bouclier. Cet homme s’est lentement mais sûrement vidé de son sang sur maxime. D’abord un flux abondant, puis  quelques jets jusqu’au goutte à goutte. Un mort vient de sauver un vivant. On ne guérit pas de cet instant ; on ne guérit jamais de cet instant ».

 


 

EXTRAITS / Maître : « et maintenant ?! Maintenant, c’est fini. Mais Florence, Sylvain, Olia, Guillaume, Julien sont là. Julien depuis les ondes, les 4 autres dans cette salle, in extremis. C’est vrai qu’on apparaît in extremis, encerclés par le néant de l’insurmontable, happés par l’abime sans fond et la robe noire n’a jamais aussi bien représenté l’incarnation de ce qui se joue ; un écho. Et ce n’est pas d’outre-tombe que la voix résonne mais d’entre les mondes, ces mondes qui se sont entrecroisés … et l’on revient pour se présenter debout ; pour signifier que l’on est là, in extremis. Tous sont bien ici parce qu’ils existent. Ils vivent encore dans le silence qui va revenir on ne les entendra plus mais vous les avez écoutés, parce que’ils existent, maintenant et pour l’éternité ».

 


 

EXTRAITS / Maître Benaïem : « lorsqu’on devient un vieil avocat, il arrive parfois que des fantômes viennent vers vous et vous apportent leur soutien. Je ne peux m’empêcher de penser à un éminent confrère, Jacques Isorni qui, il y a quelques années avait plaidé dans le procès du maréchal Pétain. Lorsqu’il finissait sa plaidoirie, il s’adressait aux juges et leur disait ‘messieurs, vous portez entre vos mains, le plus haut niveau de la justice. Ce que nous attendons de vous c’est non pas que vous rendiez une décision, mais que vous preniez la mesure du destin de la France et que vous sachiez, qu’au travers du jugement que vous allez rendre, c’est ce destin, qui d’une manière ou d’une autre en sera affecté (?) ».

 


18H18 

Le président : « bien bien. Nous en avons donc terminé avec ces plaidoiries des parties civiles. On continue demain avec le début des réquisitions du ministère public ».

 

A demain ! 


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