Jour 135

Attention : la lecture des éléments de retranscription du procès des attentats du 13 novembre 2015 s’adresse à un public averti. Certains des propos rapportés sont susceptibles, par leur contenu ou leur nature, de heurter la sensibilité des lecteurs, et notamment des plus jeunes. Par ailleurs, toute reproduction du contenu, même partielle, sans l’autorisation expresse de l’auteur expose le contrefacteur à des poursuites.

 

EXTRAITS

MERCREDI 8 JUIN 2022

 

Programme de la journée : les plaidoiries des parties civiles se sont achevées hier. Place désormais aux réquisitions du Ministère public. Jusqu’à vendredi, le Parquet va passer en revue les vingt accusés et demander à la Cour d’entrer en voie de condamnation (ou non) envers chacun d’eux.  A noter qu’au procès V13, on a un chien à trois têtes « un Parquet à trois têtes » car le Parquet est représenté non pas par un mais par trois Avocats généraux (ceux qui n’ont pas compris ma blague du chien à trois têtes il faut impérativement retravailler votre mythologie grecque en faisant un petit focus sur « Cerbère » … ou alors revoir Harry Potter). 

Touffu, le chien à trois têtes d’Hagrid, dans Harry Potter.

 

Petit point vocabulaire sur « le Parquet » : devant la Cour d’assises, le représentant du Parquet est appelé « Avocat général ». La dénomination « Procureur » est utilisée devant d’autres juridictions (tribunal correctionnel notamment). Ils ont le même rôle, la même formation (ce sont des magistrats) mais leur nom change simplement en fonction de la juridiction devant laquelle ils interviennent. Fin du petit point vocabulaire.

 

12H44 : la sonnerie retentit. La cour entre.

Le président : « bien. Avant de donner la parole au ministère public, il y a une nouvelle constitution de parties civiles ».

 


C’est Camille Hennetier, l’un des trois Avocats généraux qui prend la parole en premier.

 

« Du procès ne jaillit pas toujours la vérité mais une vérité »

Camille Hennetier : « (…) au terme de ces neuf mois de procès, les victimes auront-elles compris ? Les mots, les récits, les images, les sons ont été difficiles, insupportables parfois. Ils sont nécessaires à mettre des mots sur l’horreur, qui ne peut être décrite.

(…) Pour autant c’est une audience qui a ressemblé à beaucoup d’autres dans son déroulement. Un procès normal pour des faits qui ne le sont pas, pour des évènements qui s’inscrivent dans l’histoire. (…) Bien sûr, ce procès était chargé de symboles, d’espérance, d’attentes et de questions. Du procès ne jaillit pas toujours LA vérité mais UNE vérité, une vérité judiciaire. Mais la vérité judiciaire ne suffit sans doute pas. Elle ne permet pas nécessairement de comprendre le mal, la foi, la barbarie, la terreur ; seulement de s’en approcher un petit peu.

Il est temps maintenant de reconstruire le puzzle. (…) Chacun des accusés a joué un rôle, à divers titres et de différentes manières. Pour autant, il reste des zones d’ombre ; sur les accusés, sur les faits (…). La plupart des accusés savent. Ils savent tout et n’ont jamais parlé et n’apporteront jamais sans doute de réponse. Des zones d’ombre aussi sur ce qui peut conduire à la haine (…) et à une telle fascination pour la mort. Nous allons vous proposer une certaine grille de lecture (…) ».

 

« Salah Abdeslam est renvoyé comme co-auteur des attentats »

Camille Hennetier : « Salah Abdeslam est renvoyé comme co-auteur des attentats. C’est le seul survivant des commandos. Il n’est guère contestable que les attentats ont constitué une action unique, coordonnée et simultanée commise par un groupe dont les membres étaient interchangeables. Le rôle de Salah Abdeslam ne doit pas s’analyser uniquement par rapport à son propre rôle. Chacune des personnes présentes ce soir-là est co-auteur du tout. La place de Salah Abdeslam est autre que celle d’un complice : il ne s’est pas contenté d’aider à la préparation des actions, il y a participé. Tous les actes effectués avant les attentats sont intégrés dans cette co-action car ils sont des actes préparatoires ».

 

« L’association de malfaiteurs terroriste recouvre plusieurs réalités »

Camille Hennetier : « (…) L’association de malfaiteur terroriste (plusieurs accusés sont poursuivis pour ce chef et encourent de ce fait 20 ans de réclusion criminelle) recouvre plusieurs réalités bien concrètes : du membre de l’Etat islamique empêché de se faire exploser en raison de son arrestation, (…) à ceux recrutés sur zone et qui ont intégré le groupe en ayant parfaitement connaissance de la finalité. Ceux qui avaient parfaitement conscience de la nature terroriste du groupe mais dont il n’est pas démontré qu’ils ont apporté une aide effective au groupe. Ceux qui ont apporté une aide au départ et au retour en zone irako-syrienne. 

 

Sur l’opportunité de faire un procès unique pour les attentats de Paris et les attentats de Bruxelles

On comprend bien pour la défense l’intérêt qu’aurait eu ce procès unique … mais c’est oublier d’une part que certaines personnes ne sont mises en cause que dans l’un ou l’autre des dossiers. C’est oublier aussi les immenses difficultés matérielles qu’aurait entrainé une telle configuration. Et c’est oublier qu’une juridiction française abandonne sa compétence au profit d’une autre, ce qui est politiquement, juridiquement inconcevable, pour des raisons évidentes de souveraineté ».

 

Camille Hennetier : « (…) la préparation des attentats s’articule ainsi dans un premier temps autour de deux blocs assez étanches, dont Oussama Atar constitue le dénominateur commun : les molenbeekois fédérés autour d’Abdelhamid Abaaoud, le cercle d’Ibrahim El Bakraoui d’autre part. (…) Nous allons tout au long de ce réquisitoire, vous exposer le rôle de chacun ».

  • Partie 1 : la naissance du projet
  • Partie 2 : l’organisation des attaques
  • Partie 3 : les attentats
  • Partie 4 : les suites du 13 novembre

 

Nicolas Braconnay se lève et la relaie.


 

1/ L’IDÉOLOGIE

« DE QUELLE IDÉOLOGIE PARLE-T-ON? »

Nicolas Braconnay : « de quelle idéologie parle-t-on ? Celle qui nous occupe est clairement identifiée. Il s’agit de l’islamisme et plus précisément de l’islamisme djihadiste qui entend soumettre l’intégralité de l’espace social aux règles religieuses islamiques les plus extrêmes. Or, dans notre procédure, comment expliquer, sinon que par la force de cette idéologie, le fait que les discours prononcés par des accusés aussi différents se ressemblent autant ? Toujours le même raisonnement binaire, simpliste et manichéen. La même certitude d’être dans le bon côté de l’histoire, comme on est dans le bon côté de l’islam. (…) Nous croyons que ce que démontre ce dossier c’est la force de mobilisation du terrorisme djihadiste au-delà des considérations sociales. 

Un terme a été beaucoup utilisé, beaucoup critiqué à cette audience. C’est celui de radicalisation. Nous l’abordons avec une forme de circonspection et de perplexité puisque nous convenons qu’il implique un certain nombre de problèmes. (…) Cela dit, ce n’est cependant pas un concept dont nous rejetons totalement l’usage. A quelques reprises, des avocats se sont levés pour dénoncer ce qui constituerait des amalgames. Ce reproche, nous souhaitons le dire, il nous parait absolument infondé : l’audience n’a jamais donné lieu à des amalgames visant à confondre islam, islamisme et djihadisme. Ce débat doit pouvoir être mené sereinement devant cette Cour sans être interrompu par des tentatives d’intimidation.

Reste que la caractérisation de l’engagement, de la curiosité, de la complaisance n’est pas une thèse facile… Cependant, cette radicalisation se traduit par certains propos ou comportements qui devraient apparaître immédiatement problématiques à la conscience commune. Par exemple le fait de refuser la main des femmes, par exemple le fait de diviser le monde entre mécréants et croyants, par exemple le fait de regarder des vidéos d’exaction ».

 

2/ LA QUESTION DU CONTEXTE IRAKO-SYRIEN

« CE QUI M’A MENÉ AU DJIHAD, C’EST D’ABORD MON GRAND COEUR »

Nicolas Braconnay : (…) en somme on vous dit : ce qui m’a mené au djihad c’est d’abord mon grand coeur. Cet alibi humanitaire, il s’agit d’une fable. Cette propagande est immédiatement associée à l’exhibition sadique des exactions commises contre les mécréants. Personne ne peut croire une seconde que le fait de rejoindre l’EI en Syrie aura pour but d’aider des citoyens en détresse.

 

3/ LA RAISON DU CHOIX DE LA CIBLE FRANÇAISE

« LA FRANCE SERAIT VISÉE PARCE QU’ELLE A PARTICIPÉ À LA COALITION MILITAIRE »

Nicolas Braconnay : « même s’il ne faut pas oublier que l’immense majorité des victimes de l’Etat islamique sont d’abord irakiennes et syriennes, il y a une forme d’obsession française dans la politique extérieure de l’Etat islamique. (…) La France serait visée parce qu’elle a participé à la coalition militaire. Il ne s’agirait alors que d’un simple djihad défensif. (…) En réalité cet alibi géopolitique est purement rhétorique. Au-delà de sa fausseté factuelle, il constitue un contresens logique puisqu’il met sur le même plan des situations incomparables.

Alors pourquoi une telle focalisation ? Trois types de raisons nous apparaissent. Il y a d’abord un argument pratique : (…) plusieurs personnes importantes de l’Etat islamique sont des ressortissants français. Deuxième argument : la France serait visée parce qu’elle a participé à la coalition militaire. Il ne s’agirait alors que d’un simple djihad défensif. (…) En réalité cet alibi géopolitique est purement rhétorique. Au-delà de sa fausseté factuelle, il constitue un contresens logique puisqu’il met sur le même plan des situations incomparables. Il prouve le degré d’aveuglement idéologique de ceux qui l’utilise ».

 

14H20 : l’audience est suspendue. 14H49 : la sonnerie retentit. L’audience reprend.


Nicolas Braconnay : « Oussama Atar et en Belgique, ses cousins, les frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui. Autour d’eux, plusieurs de leurs intimes ont participé au groupement terroriste qu’ils formaient : Yassine Atar, Ali El Haddad Asufi et Mohamed Bakkali. 

 

1/ OUSSAMA ATAR

« LE RÔLE DÉCISIF D’OUSSAMA ATAR A ÉTÉ CONFIRMÉ »

Nicolas Braconnay : « Oussama Atar peut faire figure de vétéran du djihad. (…) Son ascension au sein de l’Etat islamique sera extrêmement rapide (…). Progressivement, une cellule spécifiquement consacrée à la conception des attentats va être constituée. C’est cette cellule qu’on a baptisé la cellule des opérations extérieures, la COPEX. Oussama Atar va rapidement prendre la tête de cette cellule.  Le rôle décisif d’Oussama Atar a été confirmé et démontré par de nombreuses preuves. (…) Il est le point de jonction entre l’ensemble des cadres intermédiaires et il se charge lui-même de recruter certains membres du commando.

 

Nicolas Braconnay : « venons-en à la personne de son frère Yassine.


2/ YASSINE ATAR

« CHACUN AURA CONSTATÉ L’ÉNERGIE QUE CELUI-CI A MIS À SE DÉMARQUER DE CE FRÈRE ENCOMBRANT »

Nicolas Braconnay : « chacun aura constaté l’énergie que celui-ci a mis à se démarquer de ce frère encombrant dont l’ombre plane sur lui. Evidemment il a raison et nous le comprenons. Yassine Atar réfute avec force d’être un coupable de substitution. (…) Cette crainte est évidemment légitime et il serait malhonnête de nier que ses liens de parenté n’ont pas joué dans le fait que les enquêteurs se sont intéressés à sa situation … mais ces liens de parenté ne constituent pas des charges. Yassine Atar peut être rassuré sur les intentions de l’accusation à son égard. Là où notre accord cesse c’est qu’il refuse d’être un coupable tout court. Il en vient à contester chaque élément factuel qui pourrait être considéré comme étant à charge.

 

« Il apparaîtrait davantage comme le fils spirituel de Tartuffe plus que Bacchus »

Nicolas Braconnay : « j’en viens maintenant à la question de l’engagement idéologique de Yassine Atar. Il nous a été décrit comme plusieurs de ses proches comme un beau parleur, un profiteur, intéressé plus par les femmes et l’argent. Son oncle nous l’a décrit comme le fils spirituel de Bacchus, qui écumait les bordels. Bref, pas vraiment le profil d’un terroriste ou d’un idéologue de l’Etat islamique. Sa soeur nous l’a confirmé : Yassine ne s’intéressait pas à la religion. Alors comment expliquer que l’exploitation des ordinateurs découverts chez lui révèlent des recherches et consultations sur Ben Laden, des vidéos de prêches islamiques (…). Comment expliquer que l’iPad mini contienne des recherches « djihad best nasheed ». Comment expliquer que la clef USB retrouvée dans sa cuisine contienne 57 nasheed ? Comment expliquer que dans son téléphone figure « je vais exploser » car le médecin qui s’occupe de sa femme est un homme (…) ».

 


3/ LES FRÈRES EL BAKRAOUI

« Leur parcours du gangsterisme au djihadisme n’est pas sans rappeler celui d’autres djihadistes comme Ahmedy Coulibaly »

 

Nicolas Braconnay : « forts d’une expérience criminelle propre, ils sont devenus, en Europe, à compter de la fin de l’année 2014, la tête de pont de la cellule terroriste. (…)

Commençons par rappeler quelques éléments biographiques et relationnels.

Tous deux ont été condamnés pour des faits de vol avec arme particulièrement graves. A la suite de cela, ils seront incarcérés. (…) Cette période est décrite par leurs proches comme celle à l’origine d’un changement majeur. Leur parcours du gangsterisme au djihadisme n’est pas sans rappeler celui d’autres djihadistes comme Ahmedy Coulibaly. (…) On nous opposera que les services de police eux-mêmes ne sauront pas détecter cette radicalisation … mais la stratégie de dissimulation vis-à-vis des policiers ne peut pas être mis sur le même plan que son quotidien avec ses proches.

Yassine Atar (cousin des frères El Bakraoui) nous explique n’avoir rien vu, rien perçu de la radicalisation de ses cousins. Le moins qu’on puisse dire est que ces dénégations soient contredites par les investigations. (…)

Au moment des faits reprochés, ils entretiennent une relation d’intense proximité avec un ami rencontré récemment : il s’agit de Mohamed Bakkali.

 


4/ MOHAMED BAKKALI

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Nicolas Braconnay : « la proximité est telle qu’on pourrait être tenté de le décrire comme une sorte de troisième frère. C’est en tout cas les déclarations de leur père Jamal qui dit « avec Mohamed, ils étaient toujours à trois ; ils étaient tous les trois ensemble ». Nawal va dire que c’et le seul ami de son mari qu’elle connaissait et qu’il voyait Mohamed tous les jours. (…) Pour autant, cette proximité, elle est récente : leur amitié s’est forgée rapidement. C’est donc en deux mois que nait ce coup de foudre amical entre Mohamed Bakkali et Khalid El Bakraoui. Pour le reste, dans le dossier Khalid El Bakraoui est décrit en des termers peu flatteurs : agressif, impulsif, arrogant (…). « Il avait la réputation d’être un taré » (citation d’Ali El Haddad Asufi) ; on comprend d’autant plus mal ce qui a poussé Mohamed Bakkali à devenir si proche !

Forme d’emprise qu’aurait exercé sur lui la personne de Khalid El Bakraoui ?! Cette théorie de l’emprise paraît totalement incompatible avec leur situation, les circonstances de leur rencontre. Cette hypothèse de l’emprise peut être refermée. Puisque ce n’est pas l’emprise, le mystère demeure au sujet de cette soudaine et intense proximité … si bien que le point commun qu’on leur trouve est leur pratique religieuse et un intérêt pour les thèses djihadistes. (…) Mohamed Bakkali le conteste, le minimise mais plusieurs élémernts tendent à démontrer qu’il avait une pratique extrêmiste, orthodoxe de la religion. (…) Il avait une apparence rigoriste. Celui-ci est régulièrement désigné dans le dossier comme « le barbu ». (…) Il interdit à sa femme de consulter un médecin homme, de recevoir un artisan homme. Par ailleurs, le témoignage de son ex-compagne lu le 26 janvier dernier confirme l’ancienneté de cette conception maximaliste. A ce stade, on reste dans le domaine de la conception religieuse de Mohamed Bakkali qui a bien le droit d’être fondamentaliste, rigoriste, orthodoxe. Mais il y a un intérêt ancien pour les thèses djihadistes, salafistes (il liste les recherches retrouvées sur ses supports électroniques). (…) Il y a ces premières déclarations faites par Bakkali le 26 novembre 2015 dans lesquelles il se refuse à critiquer les groupes comme l’Etat islamique car ils sont des musulmans (…). Il faudra attendre 2018 et quatre interrogatoires pour qu’il précise sa pensée : « même si vous n’êtes pas musulmans, je me dois de condamner de tels actes ». En dépit de tout ça, Mohamed Bakkali a prétendu simultanément : il n’était pas au courant de la radicalisation des frères El Bakraoui et en même temps, il était en désaccord avec eux. Pour le reste, il explique ses intenses relations avec Khalid El Bakraoui comme amicales et professionnelles. (…)

 


5/ ALI EL HADDAD ASUFI

«  »

 

Nicolas Braconnay : « Ali El Haddad Asufi a été interpellé le 24 mars 2016. Il est relâché le jour même sans poursuites. Le 27 juin 2017, dans la procédure B- Paris, il est placé en garde à vue. Compte tenue de l’importance de son rôle, le juge d’instruction français, estimant avoir assez d’éléments, va délivrer contre lui un mandat d’européen le 18 mai 2018, ce qui fait donc trois titres de détention. En Belgique, Ali El Haddad Asufi va obtenir sa remise en liberté mais en application du droit, il est alors placé en détention provisoire en exécution du mandat d’arrêt européen décerné contre lui dans notre procédure. Je ferme cette parenthèse.

Ali El Haddad Asufi forme avec Ibrahim El Bakraoui un duo amical depuis l’enfance. (…) Là encore, chacun aura compris que ce ne sont ni son amitié ni sa proximité ancienne avec Ibrahim El Bakraoui qui lui sont reprochés. Cette proximité ancienne est attestée en procédure par la trace des 41 visites rendues par Ali El Haddad Asufi à Ibrahim El Bakraoui en détention. L’examen des supports informatiques utilisés par Ali El Haddad Asufi semble mettre en évidence davantage un goût pour le cannabis que pour les thèses de l’EI. En revanche, on trouve trace de quelques conversations sur facebook, avec Ibrahim El Bakraoui dans lesquels Ali El Haddad Asufi parait souscrire aux propos de Ibrahim El Bakraoui. Dans une conversation, il est question de l’homosexualité, de l’interdiction de la musique, ou des images de pantins de la dictature française comme Chalgoumi. Ali El Haddad Asufi regrettera « ces musulmans qui ne prennent dans la religion que ce qui les arrange ». Est-ce que cette conversation est révélatrice de l’idéologie d’Ali El Haddad Asufi ? Je n’en sais rien ! (…) En revanche, ce que nous constatons, c’est que Ibrahim El Bakraoui ne jfait pas mystère de son extrêmisme le plus total. C’est dire si les premières déclarations d’Ali El Haddad Asufi datées de juin 2016 et mars 2016, nous semblent sincères et cohérentes. Sur ce sujet, les déclarations d’Ali El Haddad ont, vont varier. Il va contester le moindre changement de Ibrahim El Bakraoui à sa sortie de détention. Il expliquera par la suite que le constat de la radicalisation de son ami était une construction rétrospective. (…) Nous voudrions dire un mot de ces évolutions nombreuses dans les déclarations de monsieur El Haddad. Sa défense a fait grand cas de cette première audition qui était précise. Evidemment, il s’agit d’une pratique qu’on peut juger regrettable. En réalité, je crois qu’Ali El Haddad Asufi a eu « à ce moment-là, c’était anodin ». En effet, Ali El Haddad Asufi après les premières déclarations spontanées a adapté ses déclarations. C’est quand il prend conscience que la connaissance qu’on lui prête de l’évolution idéologique d’IEB peut avoir des conséquences sur son implication dans le dossier qu’il fait évoluer ses déclarations. Une fois brossé ce portrait idéologique des frères El Bakraoui, il faut revenir à la genèse de ce qui sera leur rôle dans l’organisation de la cellule terroriste. 

Nous savons que Khalid a effectué avec sa femmre un séjour en Turquie du 4 au 14 novembre 2014. Nous savons par le témoignage de sa femme que ce séjour n’était pas prévu à l’avance et qu’i lse déroule à un moment où elle constate le basculement idéologique. Nous savons qu’au cours de ce séjour, il la laisse une journée. (…) Nous savons que des déclarations d’Osama Krayem paraissent confirmer cette hypothèse. Osama Krayem rapporte des confidences faites par les deux frères El Bakraoui. Il semble en outre, que le rôle confié aux frères El Bakraoui. (…) La date de novembre 2014 résonne à nos oreilles avec le contenu du testament audio. Enfin, comment ne pas rapprocher cette date par le rôle de Khalid El Bakraoui dans le dossier Charwa.

Comment ne pas constater non plus que quelques jours après son retour, Khalid El Bakraoui actionne Farid Kharkhach et obtient la fabrication d’une fausse carte d’identité au nom de Castillo qui sera remise et utilisée par Mohamed Bakkali. C’est dans ce contexte que quelques mois plus tard, Ibrahim va tenter à deux reprises d’effectuer un séjour en Syrie. Au cours de l’été 2015, Ibrahim va quitter la Belgique dans des circonstances pour le moins suspectes. Il bénéficiera de l’aide de plusieurs proches, principalement Yassine Atar et Ali El Haddad Asufi. Il réserve à son nom un séjour linguistique à Antalya. A cette période, il est sous le coup d’une mesure de libération conditionnelle et est censé déclarer ses séjours à l’étranger. Après deux jours passés à Antalya, il est interpellé à Gaziantep en possession de 5800€ dans un taxi en compagnie de candidats au départ pour la Syrie et de passeurs de l’EI. Il admet avoir visité des camps de réfugiés et la zone frontalière, ce qui semble surprenant pour un séjour touristique. Il est placé en centre de rétention le 14 juin 2014. Pendant cette détention, il parvient à entrer en contact avec Ali El Haddad Asufi et Yassine Atar et leur transmet le numéro de leur ligne turc. Il demande à Ali El Haddad Asufi de contacter son frère Khalid. Il est expulsé aux Pays-Bas. Trois jours plus tard, le 17 juillet 2015, Ali El Haddad Asufi et Ibrahim El Bakraoui réservent des billets Paris-Athènes : un AR pour Ali El Haddad Asufi et un aller simple pour Ibrahim. APrès avoir été accompagnés en voiture par des proches. Ils passent une nuit d’hôtel à Athènes et dès le lendemain, Ali El Haddad Asufi prend le vol retour. Le 21 juillet, Khalid El Bakraoui (…)  La suite du séjour d’Ibrahim en Grèce et le cas échéant en Turquie n’est pas connu. A-t-il rencontré son frère (…) ? Rien ne l’établit. La seule déclaration que nous avons est celle du président turc qui dit qu’Ibrahim El Bakraoui a été arrêté et renvoyé aux Pays-Bas

A cette période Ibrahim El Bakraoui bénéficiait d’une mesure d’aménagement de peine. (…) Le fait qu’Ibrahim a tenté de rejoindre la Syrie et la Turquie à ces deux reprises ne fait aucun doute. (…) La question est peut-être davantage de savoir ce que l’entourage de XXX pouvait savoir de ces départs. D’abord, si Ali El Haddad Asufi, Yousssef El Ajmi et YA contestent avoir connu le but de ces départs, plusieurs témoins attestent du contraire. D’abord, Nawal Adar, la femme de Khalid El Bakraoui. Ensuite, Jawad Benattal, qui l’avait dit à trois reprises en procédure. A cette barre, le 27 janvier, Jawad a fait sur ce point un volte-face assez éloquent, expliquant que ces déclarations lui avaient été soutirées sous la torture ! Troisième déposition ; celle de Moustapha Benatal qui nous expliquait qu’Ibrahim s(‘était fait arrêter en Syrie pour rejoindre Oussama. Il se souvenait par ailleurs en avoir parlé avec Yassine Atar en juin 2015. 

Enfin, à compter de cette date, nous savons qu’Ibrahim ne recontacte aucun de ses proches, pas même ses parents ou sa soeur. Il ne retourne plus à son domicile et bascule donc dans la clandestinité la plus totale. A supposer même que la destination réelle d’Ibrahim n’ait pas été connue de ses proches, il est manifeste que tout le monde avaitg été infromé de la réalité de ses intentions et du motif de son déplacement. (…) L’aide que lui ont apporté Yassine Atar et Ali El Haddad Asufi.

 

AIDE APPORTÉE PAR ALI EL HADDAD ASUFI À IBRAHIM EL BARAOUI

/ Nicolas Braconnay : « au cours de cette période charnière, Ibrahim EB est en contact permanent avec Ali EA. (…) Alors admettons qu’en dépit de leur très grande proximité, IEB ait menti à Ali EA sur ses intentions pour le premier départ, on sait qu’une fois interpellé et retenu en Turquie, Ali EA est contacté par celui-ci depuis la Turquie et va servir d’intermédiaire entre IEB et son frère Khalid. La chronologie des appels ne laisse aucun doute sur le rôle d’intermédiaire d’Ali EA entre les deux frères.

Ali EA va aussi accepter d’acheter pour lui ce billet pour la Grèce et aussi de l’accompagner pour cet étrange de service de moins de 48H. Ali EA ne nous donnera pas la clef de ce séjour express, évoquant des questions de prudence. 

Enfin, les circonstances du départ pour l’aéroport CDG laissent penser qu' »Ali EA joue à ce moment-là le rôle d’organisateur. (…) Je ne détaille pas à nouveau la téléphonie : Ali EA est le seul qui contacte tous les autres, manifestement pour leur fixer un rendez-vous mais encore que cette somme de contacts quasi simultanée est absolument inédite. (…) Après un séjour express à Athènes Ali EA rentre à Bruxelles et nous dit n’a eu aucun rôle dans la réservation du billet d’avion et du billet de croisière. D’abord, la téléphonie ne l’exclut pas. Elle ne le démontre pas mais elle ne l’exclut pas. Le bon de commande relatif à ces réservations a été retrouvé au domicile d’Ali EA. Au fond, la seule explication crédible apportée par Ali EA concerne le motif du voyage de Khalid EB en Grèce. IEB aurait été interpellé et aurait eu besoin qu’on lui apporte ses vrais papiers.

 

AIDE APPORTÉE PAR YASSINE ATAR

EXTRAITS / Nicolas Braconnay : « j’en viens à l’aide apportée par YA à IEB au cours de l’été 2015. Le 1er départ de IEB est précédé de nombreux contacts entre YA et son cousin IEB et suivi de nombreux échanges avec la ligne de Ali EA. Le 23 juin, alors qu’il se trouve en centre de rétention en Turquie, les deux personnes qu’il décide de contacter son Ali EA et Yassine Atar. Toute la famille Atar est à  ce moment au courant du motif d’interpellation de IEB. Le deuxième temps dans l’aide apportée concerne sa présence dans la voiture lors de l’accompagnement à l’aéroport CDG. On le constate à plusieurs reprises dans ce dossier, la présence de YA a le pouvoir de susciter des amnésie subites ! En effet, Ali EA et Youssef El Ajmi avaient tous deux mentionnés la présence de YA dans cette voiture, avant d’exprimer un doute sur cette présence. A l’audience, le 9 mars 2022, Yousef El Ajmi a expliqué » avoir retrouvé la cohérence : ils étaient 4 dans la voiture et donc sans Yassine Atar. Ali EA après une première audition en septembre 2016, va évoquer spontanément et précisément la présence de YA. Dans ces deux auditions, il va même préciser que YA voulait les accompagner en Grèce mais qu’il en avait été dissuadé par l’état de grossesse de sa femme. Ce n’est qu’en juin 2017 qu’Ali EA reviendra sur ses déclarations. Plus exceptionnel dans tout cela, ce sont peut-être moins ces revirements que l’explication qu’Ali EA a donné à cette barre le 11 février. Puisque cette fois ses déclarations ont été recueillies en présence d’un attentat, Ali EA nous dit que cette présence de YA lui aurait été soufflée par son avocat. L’examen de la téléphonie conforte également largement l’hypothèse de la présence de YA. Les lignes bornent (…) à proximité du domicile de YA. or il faut se souvenir que les trois autres vivent au nord de Bruxelles, à l’opposé du domicile de YA qui se trouve au sud à Anderlecht. (…) Voilà qui ressemble à un point de rendez-vous avant un départ, lequezl suivra à 2 ou 3H du matin. YA a évoqué un passage à proximité du box rue de l’aiguille. La défense de YA vous a indiqué le 9 mars dernier que la voiture utilisée était trop petite pour accueillir 5 gaillards. Vérification faite, cette voiture est une Skoda Fabia et il s’agit bien d’une voiture 5 palces. L’histoire ne nous dit pas s’ils se sont sentis serrés mais je crois qu’on pourra retenir qu’ils étaient bien 5.

Enfin, l’exploitation du téléphone portable de YA a révélé qu’il avait échangé plusueurs messages avec un policier, Mohamed Soumi.  Pour ces faits , mohamed Soumi a fait l’objejt d’une enquête et d’une condamnation en Belgique. Ces consultations sont concomitantes à des échanges whatsap avec Yassine Atar. (…) Lors de l’enquête, et à cette barre le 1er février, Mohamed Soumi a reconnu avoir fait ces recherches à la demande de YA qui voulait savoir si IEB qui se trouvait àl’étranger pouvait revenir sans risque sur le territoire belge. YA a prétendu que Soumi avait réalisé ces recherches spontanément, par simple curiosité personnelle, explication démentie par les messages entre eux. (…) Ce volet Soumi figure explicitement dans la motivation de l’arrêt de mise en accusation. (…) Enfin, on observera que s’il est exact que Khalid EB a apporté à son frère ses vrais papiers d’identité en Grèce, alors il ne semble pas illogique que celui-ci se renseigne sur les conditions dans lesquels Ibrahim pourrait rentrer en Belgique en utilisant ses vraies papiers.

Sur les remerciements d’IEB dans l’audio (audience 22 mars). (…) Il utilisait ce surnom mais encore avec ses cousins IEB. Si donc on se pose la question pour quelle raison pouvait bien avoir Ibrahim de remercier son cousin Yass, (…) YA a incontestablement aidé personnellement IEB (…) surtout lors de son second départ et en le renseignant via son ami policier. (…) S’ajoutent des visites, des rencontres suspectes au cours de l’automne 2015. En tout cas les éléments factuels de l’AMT ne nous paraissent pouvoir être soumis à aucune interprétation contraire. 

 

En évoquant l’aide apportée par Mohamed Bakkali à ces voyages à l’été 2015. Mohamed Bakkali apparait avoir apporté une aide ponctuelle à Khalid EB. D’abord, ils sont en contact et activent les mêmes bornes. Par ailleurs et surtout, le numéro donné à l’agence bruxelloise pour la réservation du vol retour est à un chiffre près celui de Mohamed Bakkali. Alors s’agit-il d’une coïncidence ou d’une erreur de frappe. Mohamed Bakkali n’a pas contesté que Khalid EB allait rejoindre son frère pour l’aide à régler un problème de papier mais a dit n’y avoir joué aucun rôle.

 

Jawad Benatal dont le moins qu’on puisse dire est que la sincérité de sa déposition du 27 janvier ne nous avait pas sauté aux yeux a néanmoins dit une chose iumportante : « les EB ne faisaient pas facilement confiance. Ils ont cessé les contacts avec moi dès 2015 pour protéger leur projet terroriste ». Alors le groupe formé par les frèrees EB et certains de leurs proches n’est pas le seul. C’est au coeur d’un autre quartier de Bruxelles que l’EI va mener une autre campagne de recrutement, ce que je vous propose d’examiner sans doute après une autre pause peut-être salvatrice. ».

 

Le président : « je ne sais pas si elle sera salvatrice. En tout cas elle sera appréciée. Je vous propose de reprendre dans une vingtaine de minutes ».

 

16H58 : suspension.17H36 : l’audience reprend.

 

EXTRAITS / Nicolas Le Bris : « durant le premier semestre de l’année 2015, les frères EB se sont lancés dans la construction, dans l’élaboration de ce qui deviendra une tête de pont de l’Etat islamique, implanté en Belgique. Dans une sorte de mouvement parallèle, d’autres vont partir en Syrie en vue de s’entraîner pour les attentatrs. Il s’agit de recrues personnelles d’Abdelhamid Abaaoud, amis avec lui et originaires de Molenbeek. La juge Isabelle Panou vous a dressé le portrait de Molenbeek. 70% de la population est d’origine marocaine. Pour elle, il s’agit surtout d’un village. Cette spécialiste des dossiers terroristes connait parfaitement ce quartier ; elle sait parfaitement de quoi elle parle. Au-delà du terme de village qu’elle a employé, elle a insisté sur la proximité des protagonistes, nous a dit qu’ils étaient tous voisiins ou amis, qu’ils sont frères et ont une confiance absolue les uns envers les autres. Beaucoup sont également liés par leurs origines marocaines. Tous ont gardé des liens très forts avec le Maroc, pays dans lequel ils se rendaient régulièrement en vacances ou allaient célébrer des évènements familiaux importants.

Le Maroc est donc un dénominateur commun à ces accusés; un lien très fort entre eux. le professeur Micheron a constaté que de manière générale, ces personnes se sentaient d’abord belgo-marocain, voire ‘rifin ». (…) Venus construire le métro de la ville, beaucoup ont emmené dans leur valise, une pratique très rigoriste de l’islam. (…) Depuis les années 90, plusieurs figures du djihad sont venues s’y installer. Deux noms retiennent particulièrement l’attention. Il s’agit de Bassam Ayachi mais également de Khalid Zerkani.

Plusieurs témoins nous ont parlé de l’influence de Bassam Ayachi. En 1996, ce dernier a quitté la France pour venir s’installer à Molenbeek où il a créé le centre islamique belge. Bénéficiant d’une véritable aura, il s’est rapidement fait remarquer par un ardent djihadisme religieux. En 2001, son fils a lancé un forum djihadiste. Il s’agissait d’un des premiers sites du genre avec notamment des appels au djihad en Palestine, en Afghanistan et en Irak. En 2012, le centre islamique belge sera également fermé. L’exploitation de l’ordinateur portable de Yasmina Kajou a également permis de retrouver des recherches datant de juin 2013 sur Abderahman Ayachi.

Quelques mots sur Khalid Zerkani. Il s’agit d’un prédicateur marocain qui s’est lancé entre 2012 et 2015 dans le recurtement de djihadistes pour la Syrie. Il avait été décrit par les collègues du Parquet fédéral comme le plus grand recruteur de djihadistes en Syrie. Parmi ces recrues, elles aussi condamnées, on retrouve les noms d’Abdelhamid Abaaoud et de Chakib Akrouh. S’agissant du djihad en Syrie, ces derniers sont de véritables pionniers. Au-delà des terroristes partis en Syrie ayant frappé la France, il ne faut pas perdre de vue que de très nombreux jeunes du quartier ont rallié l’EI. Parmi eux, Youssef Bazarouj, partie en Syrie en juillet 2014 sur recommandation d’Abdelhamid Abaaoud. Il sera rejoint par de nombreux membres de sa famille. Face à cette vague de départ, Olivier, ce témoin qui travaille pour la commune de Molenbeek. Mais, Molenbeek a aussi servi de base arrière à de nombreux terroristes avant leur passage à l’acte. Nous avons évoqué les assassins du commandant massoud qui ont séjourné dans leur quartier. (…) Molenbeek c’est aussi la destination choisie par Mehdi Nemmouche à son retour de Syrie, quelques semaines seulement avant l’attaque du musée juif. Et, 5 jours plus tard, le 29 mai 2014, c’est Ayoub El Khazani qui arrive à Molenbeek. (…) Et après une année, le voilà qu’il part pour la syrie où il va s’entrainer quelques jours avant d’être renvoyé vers la Belgique pour l’attaque du Thalys. Le soir du 13 novembre, sur les 10 terroristes du commando, 4 sont originaires de Molenbeek : Salah Abdeslam, Brahim Abdeslam, Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud. Dans un premier temps, il est nécessaire de retracer son ascension fulgurante au sein de l’EI pour comprendre ce qu’il rerpésentait dans la mouvance djihadiste. Nous verrons ensuite que ce personnage a réussi à susciter une fascination (2). Enfin, nous reviendrons sur le passage de la fascination aux actes avec tous ses amis qui sont partis le rejoindre sur zone (3). ».

 

P1/

EXTRAITS / Nicolas Braconnay : « AA a passé toute sa jeunesse à Molenbeek. Après avoir vécu avec ses parents rue de l’avenir, il a fini par s’installer Chaussée de gant. Lui non plus ne semble pas avoir grandi dans un milieu défavorisé. Son père a expliqué que son fils avait commencé à se radicaliser fin 2012 début 2013. Puis son père a expliqué que son fils lui avait fait part de son envie d’aller étudier l’arabe dans un institut du Caire. Ses parents avaient été méfiants et avaient demandé à la police de lui retirer ses passepoirts ; en vain. Il va effectuer son 1er séjour en Syrie entre les mois de mars et d’août 2013. C’est le 20 janvier 2014 qu’Abaaoud repart en Syrie avec de l’argent et surtout après avoir enlevé son petit frère Youness âgé de 13 ans. Une fois de retour en Syrie, AA va rejoindre l’escadron de la brigade des immigrés. Parmi les djihadistes, se trouvaient notamment Souleymane Abrini, le frère de Mohamed Abrini, arrivé en janvier 2014. On retrouve aussi de futurs membres de la cellule du 13 novembre. On sait que dès le mois de mars 2014, la brigade des immigrés va acquérir une terrible et sinistre notoriété suite à la diffusion dans la presse de cette vidéo du pickup. La scène a éét filmée le 12 février 2014, au nord ouest d’Alep. Sur une autre séquence, on aperçoit Souleymane Abrini qui semble très heureux de faire partie de cette unité. Ces sourires tranchent avec …. Certains évoquent des tortures, des cadavres jetés dans des puits et l’un des t »émoins se souvient aussi d’enfants égorgés.

AA est ainsi devenu le visage du terrorisme sanguinaire. Au printemps 2014, la brigade des immigrés a été contrainte de fuir pour se rendre dans la région de Shadadi. (…) AA ne va pas se contenter de commettre des massacres en Syrie. Rapidement, il va commencer à regarder vers l’Europe notamment la Belgique et la France. En décembre 2014, dans le cadre d’un projet d’attentat, AA quitte la Syrie en direction de la Belgique en compagnie de deux autres djihadistes. Les trois hommes font d’abord étape à Edia, une ville turque. C’est là qu’ils font la connaissance de Bilal Chatra, un passeur de migrants. Ensuite, AA est bloqué à l’embarquement à Athènes et n’a pas pu poursuivre sa route vers l’Europe. Ne pouvant poursuivre sa route, il décide de superviser l’opération en Grèce. Fort heureusement, le projet d’attentat est déjoué in extremis. (…) Un mois plus tard, le 12 f&évrier 2015, il est consacré par la revue Dabiq, qui le met véritablement dans la lumière. Contrairement à la vidéo volée du pick up, nous sommes ici dans la pure propagande avec une photgraphie le montrant aux côtés des deux terroristes à Verviers (…). A compter de cette date, il change de dimension et incarne aux yeux de tous la menace terroriste en Europe. Nous sommes déjà 9 mois avant les attentats du 13 novembre 2015. Une fois rentré en Syrie, iul va rapidement prendre du galon en intégrant la COPEX et il consacre désormais toute son énergie à l’organisation d’attentats en Europe. C’est sa kunya qu’on retrouve dans les dossiers les plus importants. Tout d’abord dans l’attentat de Villejuif. Redda Hame, ce djihadiste ayant séjourné en Syrie du 5 au 13 juin 2015 a expliqué aux enquêteurs de la DGSI le rôle central de ce dernier dans sa sélection. Enfin, Tyler Vilus étaiut égalermenten lien durant son trajet vers l’Europe avec AA. Cres quelques mots sur AA qui de fait est décédé et n’est donc pas poursuivi est important pour comprendre autour de quel personnage les terroristes se sont agrégés. Ultra violent, et également ultra médiatisé. Malgré la cruauté et la dangerosité du personnage, on remarque que ses fidèles amis ne vont pas lui tourner le dos. A Molenbeek, la bête noire des services de renseignement va susciter une fascination chez nombreux jeunes de ce quartier.

 

Thème 2 :

EXTRAITS / Nicolas Le Bris : « on remarque que c’est depuis les cafés que cette fascination va s’exprimer avec d’abord le Time Out. C’est là que travaille Ayoub Bazarouj, le frère de Youssef. Mais, on a aussi Les Béguines, situé à l’autre bout du quartier géré par Brahim Abdeslam. Au Béguine on vend de l’alcool et des stupéfiants mais on propose aussi de la propagande djihadiste. L’endroit est devenu le siège d’un véritable fan club de la propagande de l’EI en général mais surtout d’AA.

Je vous propose de commencer par un premier groupe constitué des frères Abdeslam, de Mohamed Abrini et d’Ahmed Dahmani. Tous étaient des proches d’AA depuis de nombreuses années. Ces derniers seront les premiers admirateurs de son parcours au sein de l’EI.

On remarque que leurs parents sont d’originaire marocaine et notamment de la région du Rif. Ils sont également de la même génération. Ils sont nés entre 1984 et 1989. (…) Tous sont des voisins très proches à Molenbeek. Ainsi, Mohamed Abrini et Salah Abdeslam habitent à des immeubles quasiment mitoyens. Tous ont eu la chance de grandir dans un environnement familial, préservé et uni. Ils n’ont jamais manqué de rien que ce soit sur un plan matériel ou affectif. SA a été recruté à la STIB, la société de transport de Bruxelles mais il sera licencié au bout de 18 mois. Entre 2011 et 2015, il se contentera de faire le yoyo entre des périodes d’interim et de chômage. De son côté, alors même qu’il avait été inscrit dans une bonne école de Jettes, MA a refusé de s’investir dans ses études de mécanique-soudure. Il y a donc mis un terme. La lecture de son casier judiciaire montre que ce dernier a préféré concentrer ses efforts ailleurs que dans la scolarité. A partir de 2010, SA et MA commencent à fréquenter les casinons tout comme Ahmed Dahmani. MA a indiqué que le jeu était pour lui une maladie. Quant à SA, la gérante du Time Out a dit que ce dernie pouvait entrer dans des colères noires quand il perdait au Bingo.

D’après les autorités marocaines, SA a été condamné à 4 mois de prison pour des faits de coups et blessures. En 2010, il est interpellé avec AA pour des faits de tentative de vol dans des garages automobiles. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis. Les autres mentions qui figurent sur son casier judiciaire sont uniquement liées à son

MA est connu pour 7 vols aggravés ; essentiellement des vols avec effraction mais également 3 faits de vol avec violence. Mettant à mal sa thèse devant les enquêteurs au terme de laquelle il serait comme un « gentleman cambrioleur ». MA s’est vanté d’être un flambeur, d’avoir pu dépenser jusqu’à 5000/jour et mêem d’avoir blanchi 35.000€ dans le snack. Il sera incarcéré de janvier 2014 au 11 septembre 2014 et du 21 décembre 2014 à Avril 2015.

Ahmed Dahmani est lui aussi connu pour de nombreux faits de déliqnuance. En mars 2016, il a éét condamné pare le tribunal de Nancy pour trafic de stupéfiants.

 

ENGAGGEMENT DJOIHADISTE

SA et MA n’ont pas fait mystère de leur engagement djihadiste actuel mais tout deux ont essayé de brouiller les cartes. SA a expliqué avoir oscillé entre intérêt et sympathie pour l’EI et ce jusqu’au 13 novembre. Un peu comme MA qui sur question de son avocat a reconnu ne s’être radicalisé qu’après les attentats du 13 nov. Il apparait que l’engagement djihadiste des deux amis est bien plus ancien.

 

SA

La perquisition au domicile de Yasmina Kajou a permis de retrouver un ordinateur Acer manifestement utilisé par le passé par Salah Abdeslam. Or dans cet ordinateur, on retrouve des recherches très anciennes. On retrouve dès le mois de juin des recherches effectuées sur les causes du décès en Syrie d’Abderaman Ayachi. On retrouve des recherches sur des reportages liés au phénomène djihadiste. Or, SA a contesté avoir été utilisateur de cet ordinateur. Le Time Out et les Béguines ont constitué des lieux de fascination.

Le Time out. A compter de l’été 2014, Ayoub Bazarouj, employé comme serveur dans ce bar se souvient que SA comme son frère Brahim, tout comme MA et Ahmed Dahmani venaient très souvent (…). Son frère Youssef les incitait clairement à venir sur zone.

Soufiane Al Aroub était également un client régulier du Time Out. C’est là qu’il est venu (…). Il se souvient qu’ils fréquentaient régulièrement ce bar et qu’ils étaient, je cite « dans le trip de l’EI ». Concernant Ahmed Dahmani plus particulièrement, on sait que c’est à la même époque de l’été 2014 qu’Ahmed Dahmni s’est mis à publier des … sur facebook. D’ailleurs, juillet 2014 c’est aussi la date à laquelle Brahim Abdeslam se met à discuter directement avec AA sur un projet de le rejoindre sur zone. Pour le motiver il lui dit « qu’Allah te guide dans la voie du martyr. Déchire ces kouffars (…) ». On comprend que pour Brahim Abdeslam, la video du pickup a vraiment constitué un déclic.

Les béguines. S’il est le gérant de droit depuis 2014, il semble toutefois que SA ne s’y renait que par intermittence. MA a déclaré qu’il ne . (…) Une nuance a été apportée par Abid Aberkane qui a déclaré aux enquêteurs que GG, Brioche et SA étaient des habitués. SA a prétendu n’en avoir vu aucune : « les vidéos e n’en ai jamais vues ; j’y allais pour jouer aux cartes ». C’est une explication qui laisse songeur, notamment quand on a entendu les explications d’Ali Oulkadi sur ce point qui a reconnu en avoir vu lui-même. (…) On sait aussi le 16 décembre dernier, Bilal Es Salehi est venu nous parler clairement de la diffusion de la vidéo d’AA : en présence de SA, Ahmed Dahmani et MA. Enfin, en décembre 2014, une nouvelle étrape a été franchie quand SA a confié à sa fiancée qu’il souhaitait partir en Syrie. Il dit que pour lui il ne s’agissait pas d’un projet mais d’une pensée passagère lui ayant traversé l’esprit. Mais curieusement, à la même époque, MA a également confié à sa fiancée son souhait de partir en Syrie pour y combattre.

Sur les lettres de la rue du Dries. Il ne mentionne aucune influence de Brahim ; il parle de choix personnel. Dans la lettre écrite à Yasmina Kajou, il indique « c’est un choix que j’ai fait. J’ai entendu un appel. A la foi et j’ai répondu ». Dès lors, si nous n’avons jamais peétendru que SA avait endoctriné son frère Brahim, rien ne permet de penser que celui-ci a pu êtrre la marionnette de son frère. Il nous semble que la situation est bien plus complexe que ce qu’il a pu nous en dire. (…) Abid Aberkane a été entendu dans le cadre de la procédure de recel de SA. Il se trouve que le téléphone d’Abid Aberkane regorge de propagande et de scènes d’exaction : «  c’était devenu une drogue de regarder tout ce qui était en lien avec l’EI ».

Quels sont alors les éléments dont on dispose pour apprécier cette bascule djihadiste de MA ? Début 2014, son frère Souleymane part pour la Syrie pour intégrer la brigade des immigrés. (…) Il est tué sur place le 4 août 2014.MA va prendre son frère pour modèle. Le 2 nov devant la cour, il en a fait l’éloge, en le présentant « comme le meilleur d’entre nous ».Donc aucune prise de distance par rapport aux horreurs commises par la brigade de son frère. Le 13 mai 2018, Nawal El Kalouki a accepté de donner des informations sur son ex fiancé ; comme si sa parole s’était libérée après l’interpellation de son ex fiancé. Elle indique en effet que MA s’est mis à regarder des vidéos de Daech peu après le départ de son frère Souleymane en janvier 2014. Elle indique que toute la famille Abrini semblait être prise dans ce conflit. Par exemple, sa mère mettait des vidéos trash sur son profil. Enfin, elle se souvient de sa réaction lors de la mort de Souleymane. SI MA a pleuré lors des funérailles de son frère, il a rapidement changé de posture par la suite : « il me disait que c’était ça le djihad, en parlant de la Syrie ». MA a connu une période de liberté entre septembre et dé »cembre 2014. Lui aussi va en profiter pour se rendre au time out et communiquer avec Youssef Bazarouj. (…) Pour être le plus discret possible, Ayoub Bazarouj se souvient que MA et Ahmed Dahmani avaient décidé de créer de multiples comptes facebook. Soufiane Al Aroub indique que « tous étaient dans un trip de l’EI ».

MA ira également aux Béguines. Devant le juge Herbo, il a reconnu y avoir regardé des vidéos de propagande de l’EI. « C’est vrai que dans le café de Brahim, beaucoup de gens regardaient des vidéos de l’EI ». (…) MA va retourner en prison entree décembre 2014 et le 2 avril 2015 il sera de nouveau incarcéré et une fois libéré, il n’aura alors de cesse de vouloir rejoindre la Syrie.

 

On a donc abordé la situation des frères Abdeslam. Avant d’abord les départs pour la Syrie, quelques mots sur leur ami des Béguines :

Ali oulkadi est né en 1984 à Bruxelles. AU moment des faits, il était marié, père de deux enfants nés en février 2012 et mars 2015.

Mohammed Amri est né en 198 ? au Maroc. Au moment des faits, il était marié, sans enfant et travaillait ponctuellement au SAMU social de Bruxelles. (…) Mohammed Amri et Ali Oulkadi vont devenir des clients réguliers des Béguines. C’est là qu’ils feront la connaissance d’Hamza Attou.

Hamza Attou est né en 1994 à Bruxelles. Il nous a expliqué avoir arrêté ses études à l’âge de 18 ans car il n’arrivait plus à suivre en raison d’une consommation excessive de stupéfiants. Il a éét embauché au noir par Brahim comme serveur mais également comme dealeur de résine de cannabis.

Les clients sont devenus des amis. Aucun de ces trois là ne connaissaient AA si ce n’est de vue ou de loin. C’est au contact des frères Abdeslam qu’ils vont découvrir ce personnage et le djihad en Syrie. (…) Dans quelle mesure ils ont pu avoir conscience de l’engagement djihadiste des frrèes Abdeslam ? Il s’agit d’une question centrale.

Abdellah Chouaa n’a pas hésité à dénoncer son frère à la police alors que quelques jours avant sa disparition, ce dernier consommait encore alcool et cannabis. Par ailleurs, plusieurs signaux d’alerte se sont multipliés au cours de l’année 2014/2015. (…) Tous ces hommes là avaient toutes les cartes en main pour comprendre ce qui était en train de se passer dans ce café. Ali Oulkadi a ainsi relevé que son ami Brahim Abdeslam avait des paroles très radicales. (…) S’agissant ensuite des vidéos de l’EI, Mohammed Amri, Hamza Attou et Ali Oulkadi n’ont pas eu la même posture. Mohammed Amri a expliqué en 2016 avoir vu que Brahim Abdeslam regardait des vidéos de prêche et de combat. Il prétend n’y avoir pas prêté attention car son ami était un peu zinzin. Lors des débats, il a concédé le 28 janvier, « je les ai vues, sans les regarder’. Voir sans regarder, entendre sans écouter, Mohammed Amri joue sur les mots pour tenter de minimiser sa responsabilité.

C’est le même argumentaire pour Hamza Attou. De son côté, Ali Oulkadi a beaucoup tergiversé. Le 30 sept 2016, il a déclaré « dans le café, Brahim visionnait des vidéos qui avaient rapport avec la situation en Syrie et en Irak. Il y avait toute sorte de vidéo ». Cette déclaration d’Ali Oulkadi fait écho aux propos de MA lorsqu’il déclarait que ces vidéos étaient visionnées sans précaution particulière.

Pour s’en défendre, Ali Oulkadi a précisé que personne ne prenait BA au sérieux car il lui arrivait d’avoir un gros joint à la main. Pour lui « il ne s’agissait que d’un délire passager » ; c’est ce qu’il dit aux enquêteurs.

Plusieurs témoignages ont été recueillis, qui permettent de corroborer la version d’Ali Oulkadi et MA. Nous considérons que tous trois étaient au courant de l’intérêt des frères Abdeslam pour les thèses djihadistes.

 

Maintenant, quant à leur propre adhésion aux thèses djihadistes. Pourquoi continuer à fréquenter les Béguines ? Pourquoi ne pas dénoncer ces éléments à la police ?

Peut-être un premier élément de réponse : on constate que les trois se sont parfaitement accomodé de l’ambiance nauséabonde des béguines. On peut constater dans leur passivité une certaine complaisante. Les cafés ne manquent pas à Bruxelles mais c’est bien ce dernier qu’ils ont choisi ; Par ailleurs, on peut dire que ces trois hommes n’étaient pas insensibles à ces vidéos. Soit elles fascinent, soit elles dégoutent. Comment rester insensible face à la vidéo d’un homme brûlé dans une cage. Cette vidéo , Ali Oulkadi l’a regardée aux Béguines ; non seulement il n’est pas sorti du café mais est revenu par la suite.

Pour autant pouvons-nous considérer qu’ils étaient radicalisés ? S’agissant d’Ali Oulkadi et Hamza Attou, nous n’avons aucun élément pour le penser. La réponse est peut-être plus délicate s’agissant de Mohammed Amri. A l’époque des faits, il semble qu’à cette période, il était lui-)même en voie d’adhésion. En juin 2015 il a téléchargé 10 anasheed djihasites dans son téléphone portable. Par ailleurs, quelques images djihadistes ont été retrouvées dans son téléphone priovenant de l’application flipboard. Il ne s’agit aucunement de téléchargements automatiques ou aléatoires mais bien d’images en lien avec des articles qu’il a consulté. Enfin il y a ces propos de Mohammed Amri en date du 14 novembre 2015 « on est libres. Chacun fait ce qu’il veut ». Tenir de tels propos au lendemain des attentats du 13 novembre pose question. Aucun élément aujourd’hui ne permet de suspecter Mohammed Amri d’être toujours dans cette idé »olofgie mais on voit qu’à cette époque, il commencaçt lui-même à s’intéresser fortement à la question.

 

18H40

Dans un troisième temps, sur le rôle de recruteur d’AA. Comme nous l’avons vu précédemment, Molenbeek constitue un vivier historique de recrues pour le djihad. A compter de janvier 2015, on assiste à une nouvelle vague de départs dans le quartier. (…) Au contraire, les départs de Brahim Abdeslam, Ahmed Dahmani et Mohamed Abrini s’inscrivent tous dans la préparation des attentats en France. Ils sont partis se préparer pour mener le djihad en France ; la syrie n’est pas leur destination finale, ce n’est qu’une étape vers la France.

Plusieurs indices nous permettent d’arriver à cette conclusion : lors de son retour sur zone, Brahim Abdeslam a déjà tourné sa vidéo de revendication. Deuxièmement, la filière Dibo est déjà intervenu dans le passage d’Ahmed Dahmani. Par conséuqent, ce retour sur zone et l’aide au départ et au retour constitue bien l’AMT.

 

Commençons par Brahim Abdeslam

On sait que cette envie de rejoindre le shâm l’obnubilait depuis plusieurs mois. Via facerbook, il avait annoncé à Abdelhamid Abaaoud son souhait de le rejoindre. Quelques mois après l’appel de Al Adfnani Brahim Abdeslam va finalement partir pour la Syrie. Il s’est entrainé » au tir avec une arme de poing et une kalachnikov et a déjà tourné sa vidéo de revendication. Dès janvier 2015, il avait déjà la France dans le viseur. (…) Brahim Abdeslam a pu compter sur l’aide d’Ali Oulkadi, d’Hamza Attou mais aussi sur celle de son frère Salah . AO et HA ont reconnu l’avoir accompagné en voiture à l’aéroport de Zaventem le 25 (27) janvier mais tous deux ont contesté avoir eu connaissance de sa réelle destination et ont prétendu avoir cru à de simples vacances en Turquie. Leur ligne de défense est remise en cause par les investigatiojns. D’une part Rafik El Hassani a été très clair sur ce point « nous pensions bien que sa destination n’était pas la Turquie mais la Syrie ». D’ailleurs, la mère de Rzfil El Hassani, se doutant du lieu du voyage lui a confisqué son passeport. SA a contesté avoir accompagné son frère. Pourtant, à 6H42, la ligne habituelle de SA a tiré une borne lors d’un appel ou d’une tentative d’appel avec Yasmina Kajou. Or ce bornage est tout sauf anodin car cdtte commune se situze au bout des pistes de l’aéroport. Confronté à ce bornage, SA n’a fourni aucune explication. Cet appel passé à 6H42 démontre bien que SA était bien présent le jour du départ de son frère Brahim.

SA a reconnu s’être rendu à l’aéroport d’Amsterdam le 7 février. Le bornage le confirme par ailleurs car sa ligne téléphonique déploie des relais aux PB. 3 semaines plus tard, SA aurait eu la possibilité de tout arrêter et mettre un terme à ce projet. Il est convoqué pour être interrogé par les policiers de Molenbeek. Il a répondu que son frère était simplement parti pour des vacances en Turquie. A l’audience, il a maintenu n’avoir rien su de ce voyage au moins jusqu’au mois de mai 2015. (…) La version de SA pose question. D’une part, la mère de SA était parfaitement consciente du risque de départ de BA pour la Syrie. Elle a même fait irruption chez Rafik El Hassani pour lui reprocher d’avoir incité son fils. (…)

Pour conclure, je vous rappelle qu’ils sont tous deux poursuivis pour AMT. (…) Constitue un acte matériel d’AMT terroriste. Quant à Hamza Attou, ce dernier aurait pu être poursuivi à ce titre car il était présent mais au moment du mandat d’arrêt son implication n’était pas encore connu.

 

Après BA, c’est au tour AD de rejoindre la Syrie. Au début de l’année 2015, peu avant son départ, on remarque AD a publié des messages et des conversations inquiétantes sur son profil « Rachid Bouriche ». AD est finalement parti pour la Syrie, le 10 février 2015. Il passera une dizaine de jours sur place avant d’être localisé en Turquie le 26 février. (…) Pour rejoindre la Syrie, AD a bénéficié de l’aide de la filière Dibo. Comment le sait-on ? Le 11 février 2015, AD a prévenu l’un de ses amis qui se trouvait à « la grotte ». On sait que ce terme est utilisé pour désigner un passage secret de la frontière turco-syrienne. (…) Les 10 et 11 février, ce dernier demande à BA de communiquer son numéro de téléphone à SA qu’il désigne sous son surnom « poulet ». Voici ce qu’il décrit précisément : « …. ».

 

MA

Depuis septembre 2014, une semaine avant sa lubération, ce dernier apprend le décès de son frère Souleymane. A l’audience il dit « je sors et je n’ai plus envie de rien à part partir en Syrie ». L’exploitation des messages de Nawal El Kalouki son ex-fiancée est particulièrement éloquente : on sait que le 11 novembre 2014, elle dit « il parle beaicoup de djihad ». 4 jours plus tard, MA lui dit « je vais me battre pour la cause du tout-puissant ; le preix à payer c’est d’y laisser la vie ». Il sera ensuite réincarcéré. En son absence, bien des choses se sont passées à Molenbeek avec les départs de BA et AD. MA n’a pas perdu de temps pour partir en Syrie : dès le 10 juin 2015 nous avons un contact avec Youssef Bzarouk le 14 juin avec Yassine Abaaoud et X jours plus tard le voilà qui réserve un vol. Le 24 juin, Ikram Abrini sa sœur adresse de nombreux messages à sa fiancée ; Ikram semble très inquiète vboire bouleversée : « je suis vraiment désolée, je ne sais pas quoi te dire ; ici on pleure tous ». Elle semble convier Nawal à une sorte de veillée : « quand tu viens ici ne dis pas que c’est moi qui te l’ai dit ». Si MA était donc parti sur la tombe de son frère, force est de constater que sa famille n’est pas au courant. Ces derniers craignent plutôt qu’il suive son exemple. (…) Un point à ce stade sur Abdellah Chouaa car ce dernier aura un rôle très important sur ce volet syrien. Il s’agit d’un ami de longue date de MA et il a pu compter sur son aide précieuse. AC est un père de famille inséré professionnellement. Il travaille comme chauffeur à l’aéroport de Zaventem. Pour lui aussi, la question qui se pose est de savoir s’il a pu avoir conscience de l’adhésion de MA aux thèses djihadistes. AC a beaucoup évolué dans ses déclarations : devant les enquêteurs il a indiqué avoir remarqué sa radicalisation tout de suite après le décès de Souleymane. MA lui avait également parlé de religion et de Syrie. Il me demandait ce que j’en penais, me disais que je devais me renseigner. Mais, changement de version à l’audience. Il a eu ces mots : tous les jeudis, c’était soirée salsa avec Abrini et Dahmani, je n’avais rien remarqué. (…) Pourtant, les investigations ont permis de recueillir de nombreux éléments allant dans le sens d’une parfaite conscience de l’idéologie de son ami AC. Il se trouve que les enquêteurs ont retrouvé de nombreuses traces de recherches djihadistes dans son ordinateur ou son téléphone ; également 14 recherches youtube portant sur des recherches djihadistes. Dans lr téléphone, on retrouve des images datant du 5 juyillet 2015 montrant une scène d’exécution montrée à l’audience. Pour s’en défendre, AC a dit que son appartement était comme une sorte de maison de quartier ! AC a expliqué avoir été sollicité par MA pour le conduire à l’aéroport uniquement parce qu’il était son seul ami à disposer de voiture. (…) Ce dernier aurait parfaitement pu prendre un taxi ou un transport en commun. (…) En fait, il apparait que MA n’a pas tellement été conduit à l’aétoport ; il a voulu y être accompagné, accompagné par des gens de confiance pour cette étape importante dans son parcours djihadiste. MA a aussi pris le soin d’inviter Ahmed Dahmani qui l’avait précédé quelques mois auparavant dans son parcours. Curieusement, c’est le même duo qui viendra le récupérer quelques jours plus tard à Paris. AC ne s’explique pas la présent d’AD dans la voiture. Il n’a pas cessé de tergiverser sur la destination de MA. (…) Sa copine était déjà revenue de Turquie donc il m’a menti en me disant qu’il allait la rejoindre. Mais le 11 septembre 2019, AC persiste à dire qu’il croyait en de simples vacances en Turquie. Se sentant trahi, il nous a dit qu’il s’en serait ouvert  à son frère Mohamed. (…) AC était parfaitement au courant du décès de Souleymane Abrini. (…) Comment aurait-il pu dans ces conditions imaginer un seul instant que son ami allait seulement passer quelques jours en Turquie. Enfin MA avait clairement indiqué au magistrat belge qu’AC connaissait sa destination. « il savait que j’allais en Syrie ; j’avais dit ça juste à Chouaa. Il me disait de ne pas y aller car ça ne servait à rien ; je sais qu’il n’était pas d’accord ». Mais, AC ne s’est pas contenté de l’accompagner à l’aéroport de Zaventem le jour de son départ ; on sait qu’il a également joué un rôle dans l’envoi du mandat le 25 juin 2015 sooit deux jours après le départ d’Abrini. Le 10 avril 2016 il a indiqué aux enqsuêteurs avoir appelé AC depuis la Turquie pour lui demander de rassembler de l’argent suite à la perte de ses affaires. SLe 3 sept 2018 MA a clairement accusé AC de lui avoir adressé le fameux mandat du 25 juin. Les propos de MA sont corroborés par les investigations téléphoniques des enquêteurs de la Belgique. (…) Enfin MA est resté en contact régulier avec AC lors de son voyage. (…) Interrogé par le juge Herbault sur ces appels, AC a dit que son ami l’avait contacté pour lui raconter ses vacances et lui parler de la météo en Turquie. Toujours sur cette période 23-24 juin, la ligne turque de MA a éét en contact à 49 reprises avec la ligne Ortel.

S’agissant du séjour en Syrie de MA, ce dernier a déclaré avoir rejoint Gaziantep et avoir franchi la frontirèe avec l’aide de passeurs mandatés par Youssef Bazarouj. Le 29 juin, alors qu’il se trouve au niveau de la frontière MA a passé un coup de fils à sa sœur Hinde. Une fois en Syrie, MA déclare avoir été accueilli dans une petite maison à une heure de route de la frontière. Rapidement, le voilà pris en charge et conduit en voiture jusqu’à Raqqa. Il est nécessaire de bien comprendre ce que représente cette ville à cette période. Il nous dit que Raqqa était une usine à terroriste. Il précise : ils cherchent à frapper, en France ou en Europe. C’est dans cette usine à attentat que MA arrive fin juin. AA vient le chercher en personne, le prend en charge et le conduit dans l’appartement de Najim Laachraoui. Au sujet de NL, MA a longtemps menti en essayant de cacher ces liens avec ce dernier. Avant 2018 il disait ne jamais l’avoir vu avant la planqeu Henri Bergé. Ainsi, MA a été héberfgé avec deux des patrons de cette usine terroriste. Par ailleurs, il apparait également qu’il a cotoyé une bonne partie du gratin de la COPEX. On sait qu’il a rencontré sur zone un allemand ayant pour kunya Abou Moussad. En effet, en mars 2016, Najim Laachraoui est en train d’enrtegsiter un audio et MA était présent au côté de NL et il en a profité pour saluer Abou Moussab l’allemand. Or il se trouve que la DGSI a travaillé sur cet Abou Moussab. (…) Toujours selon la DGSI, ce dernier pourrait même avoir participéàç ????????? Interrogé sur ce point le 12 janvier MA a tout d’abord cvontesté avoir rencontré un allemand mais changement de. Version ; en avril i la reconnu avoir rencontré un allemand spécialisé dans la formation aux armes. Il a toutefois formellement contesté avoir subi le moindre entraînement en Syrie et n’avoir rencontré ce djihadfiste allemand uniquement au moment de la rupture du jeune.

Il a également rencontré Oussama Atar. C’est une exploitation de l’ordinateur de la rue max roos qui a permis de remonter. C’est IEB qui annonce à Oussama Atar que la cellule va devoir précipiter ses plans et il dit « Yaya qui lui aussi est déterminé te passe le bonjour ». On peut donc en déduire que lors de son séjour en Syrie, MA a cotoyé également Oussama Atar.

On sait qu’au même moment, Tyler Vilus se trouvait dans cette ville. « Rien ne permet d’affirmer une rencontre en MA et Tyler Vilus.

Pour en revenir à AA, MA a contesté avoir été informé par ce dernier des projets d’attentats. Voici ce qu’il a indiqué le 12 janvier dernier. Maladroitement, il nous a indiqué que son ami était très discret sur ses projets d’attentat, (…) alors même que ce dernier était un mégalomane ! Souvenez-vous aussi des propos de Soraya qui a dit que lrors de la rencontre au buissdon, ce dernier s’étrait vanté devant elle. MA veut nous faire croire que son amid’enfance en Syrie ne lui aurait rien confié de ces projets alors qu’Abaaoud en cavale se confie à la première inconnue de ses projets. MA dit qu’il ne lui aurait confié aucune mission sur zone ; qu’il était uniquement venu pour se recueillir sur la tombe de son frère.

Cette date de septembre 2014 : on voit que quelque chose cloche dans ce que nous dit MA. Si vraiment MA avait opposé une telle FNR à AA, jamais ce dernier ne seerait revenu vers lui. Imaginez un instant l’état d’esprit d’AA. Ce dernier vient d’être trahi par Bilal Chattra, lequel lui a ouvert la route jusqu’en Belgique mais qui a pris la fuite juste avant l’attaque du Thalys. Croyez-vous qu’AA va prendre le risque de recruter un homme qui serait simpement venu faire du tourisme.

Par ailleurs, MA nous a rétorqué qu’il ne pouvait pas répondre à une telle question de détail. Poerutant, ce n’est pas une question anodine. (…) Toutefois, s’il n’a pas voulu répondre à l’audience, il nous avait donné comme un indice sur cette date d’allégeance. Interrogé sur ses surnoms, il avait dit que la kunya Abou Yaya lui avait été attribué en Syrie en hommage à son frère donc tout laisse à penser que son allégeance remonte au plus tard à son séjour en Syrie.

 

Dans la lettre retrouvée : je suis désolé de ne pas t’avoir dit toute la vérité. Maintenant tu said pourquoi je suis revenu du sham ; c’était pour frapper fort l’ennemi d’Allah. MA a quitté la Belgique entre le 23 juin et le 17 juillet avec un passage conséquent de 10 jours en Syrie. Les messages angoissés échangés par sa sœur et sa fiancée démontrent que toute sa famille était au courant de sa destination et craignait qu’il n’y meure en martyr comme son frère. Curieusement, depuid cette date, il n’avait pas donné la moindre justification à Nawal El Kalouki depuis cette date. Et donc, avant de mourir, il avait bien quelques explications à donner à sa fiancée.

Rien avoir avec Khalid EB. (…) Un matin il a quitté l’hôtel et s’est absenté quelques heures. Sa finacée n’était pas au courant et donc ce n’est pas véritablement un départ en Syrie mais un saut en Syrie. Contrairement à Nawal El Kalouki, jamais Nawal Adar n’a pu craindre un départ sans retour de son fiancé.

 

3 points avant de conclure ce volet syrien :

  • Sur la durée de ce séjour, (…) la brève durée du séjour n’est pas un élément vous permettant de penser qu’il nest pas parti pour s’entrainer
  • A son retour MA s’est montré très fuyant lorsque Nawal El Kalouki lui a demandé des détails : « il ne voulait pas m’expliquer ce qu’il avait fait. (…) Jamais il ne lui a parlé d’un dépalcement sur la tombe de son frère, hypothèse à laquelle Nawal El Kalouki ne croit pas.
  • Enfin, pendant ce séjour syrien, AC a reçu des appels inhabituels sur sa ligne habituelle provenant (Boutan, Laos, Russie). Cela fait penser à des appels depuis des phones shop syriens. Abdellah Chouaa a dit ne pas s’en souvenir. Par ailleurs, sru cette même période, la ligne ortel a recu des appels.

 

Après avoir quitté la Syrie, MA fait étape en Turquie entre les 7 et les 9 juillet. Avant de partir en Angleterre, il a pris soin d’appeler son beau-frère pour lui communiquer des numéros. Deux numéros turcs revêtent une très grande importance car ils apparaissent comme des numéros opérations. Le 1er numéro finissant par 97577 a été retrouvé sur le compagnon de voyage de Redda Hame suite à son arrestation en Pologne. Le numéro finissant par 42566 a été retrouvé sur Tyler Vilus et ce numéro est attribué à AA. Voilà le type de message q : « ils ne vont pas m’enfermer indéfiniment ;  cela ne change rien. Quand je sors j’agis ». Le 9 juillet en soirée, voilà donc MA qui débarque. A prine arrivée, il contacte son beau-frère pour récupérer les deux numéros. Puis le 10 juillet, après une nuit passée à Londres, il se rend à Birmingham. (…) A 19H06 MA appelle à nouveau son beau-frère, cette fois-ci pour récupérer les numéros turcs. Et ce fameux numéro le contact à 19H14 pendant X seconde et à 19H17 pendant 106 secondes. Sur ces deux indifidus : tous deux ont été poursuivis en Angleterre pour des faits qualifiés de terrorisme. L’enquête anglaise a permis de démontrer que l’ub d’entre eux s’était fait passer pour Anouar ……… ? MA a ensuite écourté son séjour à Birmingham initialement prévu du 10 au 14 juillet. En effet entre le 13 et le 15 juillet, il a finalement séjourné à Manchester . Entre le 12 et le 16 juillet, on dénombre 11 tentatives de contact. MA a prétendu que ce détour fastidieux par l’Angleterre n’avait qu’un seul but : récupérer de l’argent pour AA. Il n’(y a pas de logique : Abaaoud lui aurait donné 2000 dollars pour récupérer 3000 livrex ?! On constate q’un simple envoi par WU aurait été tout aussi efficace ! Les explications de MA ont été évolutives : le 3 septembre 2018 il affirme avoir remis l’argent à qqn du quarrtier … le 5 septembre il affirme avoir remis l’argent à BA. Explications évolutives donc. (…)  il y avait forcément autre chose derrière ce séjour en Angleterre, même si MA l’a toujours contesté, évoquant une paranoïa des enquêteurs. (…) La vidéo de revendication des attentats du 13 novembre se conclut par une menace directe adressée à l’angleterre.Par ailleurs, dans un audio de la rue Max roos, Najim Laachraoui dit « on t’avait parlé de l’Angleterre, mais ça on oublie ». (…) En 2015, à part MA, aucun membre de cette cellule ne s’est rendu dans ce pays. Il est toutefois difficile d’affirmer que ce passage au stade de Manchester constitue un repérage. Des questions donc, mais pas de réponse sur ce point ; de fait MA n’a jamais été poursuivi ou mis en examen pou un projet d’attentat en Angleterre. (…)

 

Sur cette escale parisienne du 16 juillet, MA n’a pas cessé de mentir. Il a tout d’abord menti sur les motifs de ce passage par Paris. (…) Il a également menti sur le temps qu’il avait passé à Paris. Le 27 juill 2015, alors que sa mémoire était la plus fraiche, il a déclaré « nous avons passé la nuit sur place, à l’hôtel Ibis du centre ». Puis il a changé de version indiquant n’avoir passé qu’une partie de la nuit. Le lendemain (…). Le 25 août il a dit « je lui ai finalement donné rendez-vous sur les champs Elysées ». Quasiment une version par audition.

De son côté, ACn’est pas en reste sur les mensonges. Il a essayé pendant longftemps de cacher la présence d’Ahmed Dahmani dans la voiture. Ce n’est que le 11 juin 2018 qu’il a reconnu qu’Ahmed Dahmani était du voyage. C’est donc le même duo d’accompagnant, à l’aller et au retour. Abdellah Chouaa a également menti sur les circonstances de la récupération de ce dernier. (…) « nous n’avons passé que 5 minutes à Paris ». Ces affirmations ne collent pas avec les investigations du dossier. AC a prétendu à l’audience que sa voiture ne roulait pas assez vite mais on constate que le trio n’a mis que 40 minutes pour … donc manifestement une fois la frontière passée, le véhicule roule plus vite. AC a donc menti soit sur le lieu de récupération de MA, soit sur le temps passé à Paris, soit sur les deux. Et lui aussi est visiblement très gêné de ce passage parisien.

J’en resterai à ce constat sans formuler d’hypothèses sur les raisons.

MA est donc le dernier terroriste à revenir au grand jour en Belgique. Comme les autres l’ayant précédé, il voyage sous sa véirtable identité. Comme les autres il reprendra une vie quazsi normale une fois rentré en Belgique.

 

Venons en désormais au cas de SA car il apparait que lui aussi rêvait de partir en Syrie. Comme son frère Brahim, SA se rendait au Time Out pour prendre contact avec Youssef Bazarouj et en décembre 2014, il a indiqué à Yasmina Kajou qu’il souhaitait se rendre sur place. (…)

Retrouvé dans l’ordinateur « lorsque j’ai voulu faire ma hijra, on m’a demandé de ne pas la faire car on m’a dit que je devais rester ici pour travailler avec mon frrère ». C’est la preuve que ce dernier voulait aussi se rendre en Syrie ; c’est une volonté, pas une vague idée. Il ne s’agissait pas de partir définitivement mais de faire un court séjour car peu importe d’être grillé en cas de départ définitif. D’autre part, c’est la preuve qu’il était au courant que des attentats allaient avoir lieu. Il savait que le sang allait couler. Il emploi ce terme très significatif « il devait travailler » or c’est ainsi que parlent les membres de la katibat. Ainsi, Mohamed Bakkali, que la cellule doit faire évader au débuyt de l’année 2016 est qualifié comme « le frère qui a travaillé ».

SA n’a pas répondu lorsque cet écrit lui a été soumis. Mais, comprenant que sa ligne de défense n’était plus crédible, il est finalement sorti de son silence lors de son ultime interrogatoire. A cette occasion, il nous a expliqué que Brahim lui avait confié avoir accepté une mission en Syrie ; une mission humanitaire consistant àrapatrier les vétérans du djihad. (…) SA tente de nous faire croire et de vous faire croire qu’il a renoncé à sa hijra pour un travail humanitaire uniquement. S’agissant de cette mission confiée à son frère Brahim, il avait donné deux autres versions. (…) Le 29 février … et le 6 mars. Que les choses soient claires : nous ne croyons pas un instant à cette phase humanitaire récitée lors de son interrogatoire à l’audience. Pendant cette période, SA a manifestement tenté de rentrer en contact avec AA. En effet, le 4 juillet 2015, à partir d’une adresse (……..). Qqes jours après le retour en Belgique de MA, SA et AD prennent le chemin de la Grèce. Le 1er août, les deux hommes prennent la route avec une Megan de Location et trois jours plus tard feront le trajert en sens inverse. Je vous rappelle que les deux hommes ont parcouru un trajert de X kms pour un séjour de 96H. SA nous a parlé de road trip afin de gaspiller de l’argent en Grèce. Il a invoqué » un problème de mémoire et je remarque qu’après les attentats il avait une parfaite m »moire pour se souvenir du numério de Mohammed Amri. (…) SA s’est contenté de coller à la version de Ahmed Dahmani. D’ailleurs, souvenez vous que la juge Panou a eu du mal à dissimuler un petit sourire quand cette destination a été évoquée. Elle a expliqué être d’origine grecque et que s’il y a bien un endroit où elle n’irtait pas en vacances, c’est à Patras. (…)

On le sait, tous les terroristes entrés en clandestinité passeront par la Grèce. Nous savons que Patras a éét envisagé comme un point de passage vers l’Italie. C’est ce que dit Bilal Chatra aux policiers.. (…) Ce déplacement express à Patras est retenu par la chambre de l’instruction comme un élément constitutif de l’AMT. Les deux amis sont de retour en Belgique le 6 août 2015. Hasard du calendrier, c’est à la même date qu’AA sera de retour au pays.

AA a fait le trajert depuis la Syrie avec Ayoub El Kazani, empruntant la route ouverte par Bilal Chatra, son protégé. Il souhaite désormais frapper au cœur de l’Europe. L’arrivée d’AA marque une nouvelle étape.

(…) Par ailleurs, cette arrivée marque le début de la projection des clandestins. Contrairement aux autres membres de la cellule, AA est le premier à arriver sous une fausse identité. Il inaugure la logistique mise en place par les frères EB et Mohamed Bakkali. (…) Un chauffeur mais aussi une planque : on sait que Khalid EB a trouvé la cache dans l’affaire du Thalys ? Entre le 16 et le 18 qoût, AA a créé un compte facebook a partir d’une adresse IP appartenant à Youssef Siraj. Cette arrivée d’AA constitue donc la cjonction entre les terrorirstes aguerris et la tête de pont de Daech. A compter du 18 août 2015 d’autres terroristes aguerris pourront faire leur entrée en scène et les rêves d’Oussama Atar pourront devenir réalité.

 

19H53 : fin d’audience pour aujourd’hui.

Nicolas Le Bris : « je vous propose de mettre la suite de vnotre réquisitoire à demain ».

Le président : tout à fait. L’audience est suspendue pour aujourd’hui elle sera reprise demain à partir de 12H30.

 

A demain ! 


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