J’ai lu … « La putain du califat »

En bref : « La putain du Califat » relate l’histoire vraie de Marie*, une chrétienne d’Irak capturée par des djihadistes qui en feront une esclave sexuelle de l’Etat Islamique. Vendue treize fois, violée et violentée par des dizaines d’hommes, le calvaire de Marie durera deux ans. Ses souffrances elles, seront bien plus longues car, après avoir survécu à l’indicible, il lui faudra supporter le retour parmi les siens. 

Extrait : « Depuis cette tentative de suicide, elle ne peut plus bouger de son lit. Mais l’attelle posée à l’hôpital ne la dispense pas d’écarter les jambes, lui dit Loaï (…). Alors il loue Marie à ses amis de passage et à qui veut venir faire la file devant sa chambre pour caresser son corps immobile ». 

Mon avis : difficile de ne pas sortir de ce livre complètement bouleversé ! L’histoire de Marie est saisissante, poignante, terrifiante et met le doigt sur les nombreux paradoxes qui entourent ces « djihadistes », coupeurs de tête le jour, violeurs la nuit, assidus à la prière, tout en rappant du Booba et zappant sur Hanouna. 

L’histoire de Marie est narrée avec beaucoup de justesse par les auteurs, qui sont parvenus à décrire le calvaire enduré par la jeune femme avec suffisamment de précision pour qu’on en comprenne l’étendue, mais assez de retenue pour ne pas ajouter davantage de sordide au sordide.

Le livre se lit rapidement mais pas toujours « facilement » dans le sens où je vous avoue que parfois il m’a fallu prendre quelques minutes de « distance » avec le récit / fermer le livre / manger un truc / regarder ma page instagram … bref : essayer de me reconnecter avec une certaine « légèreté » … avant de revenir à ma lecture.

Seul petit point négatif : je dois avouer que par moment, j’étais un peu perdue car le livre alterne des passages restituant l’histoire de Marie, et d’autres passages où l’auteur évoque des souvenirs personnels du terrain (Sara Daniel est grand reporter et Benoît Kanabus est chercheur). Du coup, entre les multiples lieux desquels on n’est pas forcément familiers (Irak et Syrie), les noms des protagonistes, le calvaire de Marie et le vécu des auteurs ; parfois j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Cela n’enlève cependant rien au fait que je vous le recommande à 10.000% (à condition d’avoir le coeur bien accroché avant).

 

*Son nom a été changé.

 

Camille Décode

 

 

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