Avril 2016

Birane, mon prof de sport, a (encore) oublié le chargeur de son téléphone alors, (encore une fois), je lui prête le mien. Lorsqu’il me le rend, quelques jours plus tard, le câble est complètement dénudé et le chargeur est désormais inutilisable.

La situation me fait tellement rire que je décide d’en faire une story Snapchat. À l’époque, je ne suis pas très réseaux sociaux et ne partage pas vraiment ma vie. Je dois avoir vingt abonnés, tous faisant partie de mon cercle amical et familial. Mais la situation est tellement drôle que là, je ne peux pas m’en empêcher.

Me voilà donc sur Snapchat, en train de filmer ce câble devenu inutilisable. Je décide alors de raconter ma petite péripétie et « ce qu’il risque » pour m’avoir rendu mon chargeur dans cet état. Doit-il le remplacer ? Me dédommager ? S’excuser ? La story fait réagir les quelques abonnés qui me suivent et rient de la situation.
Dans les jours qui suivent, je fais une autre story, cette fois pour expliquer une histoire de valises commandées par une copine et qui ne lui sont jamais parvenues. Là encore, mes vingt abonnés d’habitude passifs semblent très intéressés.
Je décide donc que désormais, je publierai sur Snapchat des stories utiles où je raconterai « des trucs de droit » à mes proches. Pendant des semaines, j’ai donc publié des stories où je parlais d’arrêts célèbres, de lois ou de situations juridiques du quotidien avec des mots simples et un ton léger. J’ai commencé à me prendre au jeu et à avoir envie d’en faire tous les jours.

Mais, très rapidement, je me suis retrouvée face à une limite : tout le monde n’est pas sur Snapchat et tout le monde ne peut pas accéder à mes contenus juridiques. Comment faire pour qu’une personne de 40 ans qui n’utilise pas Snapchat puisse elle aussi connaître le droit, ses droits ?

Je sais ! Je vais « m’expatrier » sur Youtube !

Au départ, l’objectif était uniquement de permettre à des gens qui n’ont pas Snapchat de regarder mes contenus. Le truc, c’est que je ne sais pas vraiment faire les choses à moitié. Alors, quand j’ai décidé de ce changement de plateforme, je me suis dit qu’il fallait que je fasse les choses bien : acheter une bonne caméra, une lumière, que j’ai un générique, une musique … et un nom.

C’est ainsi que je me suis mise en quête du nom parfait. Droit devant ? Le droit pour tous ? Le droit et moi ? Les codes et moi ? … Non. C’est ennuyeux et c’est pas assez « moi ». C’est au cours d’une soirée chez des amis, en parlant de mon projet, que dans une espèce de brainstorming improvisé, Darya proposera « Camille des codes ».
« Hmmm. « des codes ?! Ca fait un peu nom à particule non ? Je suis pas fan ».
« Non pas ‘des codes’ !!! DÉCODE. En un mot. Comme un nom de famille ! ». Coup de foudre immédiat. Inutile d’y réfléchir plus longtemps : c’est celui-là.

C’est ainsi que Camille Décode est née.

Ma première vidéo sort sur Youtube le 2 avril 2017 et depuis, je ne me suis plus jamais arrêtée. Les formats ont évolué, les plateformes aussi, mais l’envie d’expliquer, simplifier, vulgariser le droit par le biais de ma vie et mon univers est elle, intacte. Camille Décode, c’est aujourd’hui des milliers de contenus publiés, de sujets simplifiés et d’actualités décryptées. C’est aussi plus de 70.000 abonnés toutes plateformes confondues et une aventure qui n’est pas près de s’arrêter.